mercredi 14 novembre 2012

La Terre, au centre d'un Watergate cosmique

Bonjour. Aujourd'hui la  Jérusalem des Terres Froides vous propose la reproduction fidèle d'un article paru dans Le Journal de Québec le 3 octobre 1983 en page 41. Il s'agit d'une petite entrevue avec l'ufologue Stanton Friedman, une sommité dans la matière. Cet article a été retrouvé dans Évidence : Dossiers O.V.N.I. au Québec, une publication de Denis Cloutier et Stéphane Boucher pour la Centrale de Compilation Ufologique du Québec (CCUQ) paru en janvier 1986. La JTF a retrouvé un exemplaire de cette publication dans les Archives Nationales de la Grande Bibliothèque du Québec.

 ---La Terre, au centre d'un Watergate cosmique---

Fredericton (PC)
Stanton Friedman est convaincu que nous sommes dupes d'un vaste Watergate cosmique. Selon lui, il existe une vaste conspiration dans les hautes sphères du pouvoir mondial afin de déceler la vérité sur les visites que des vaisseaux extra-terrestres ont faites sur terre.

Durant 25 ans, ce physicien nucléaire de 49 ans, également écrivain et conférencier, a étudié le phénomène des OVNIS avec une telle intensité que même les plus sceptiques doivent parfois s'interroger deux fois avant de nier que les extra-terrestres aient déjà exploré notre planète.

"Ceux qui, comme moi, ont recueilli une montagne d'informations sur les OVNIS ont découvert un bon nombre de choses" affirme-t-il.

"En premier lieu, le phénomène est mondial. Dans au moins 140 pays, on a signalé des OVNIS, des atterrissages et l'apparition d'extra-terrestres. Dans tous les cas, les témoignages se ressemblent et se recoupent. Il est, par ailleurs, évident que les militaires en savent beaucoup plus à ce sujet qu'ils ne veulent bien l'avouer".

Friedman, qui vit au Nouveau-Brunswick depuis qu'il a quitté les États-Unis en 1980, a passé des années à tenter de mettre la main sur des documents secrets qui, prétend-il, sont aux mains des militaires américains.

Il a réussi à mettre la main sur une documentation impressionnante, y compris une note apparemment de la main de J. Edgar Hoover, ancien directeur du FBI, disant que cette force de police pourrait participer à une enquête sur les OVNIS pourvu que l'agence ait accès aux "discs" retrouvés.

Preuve canadienne

Il possède également la copie d'une note de service rédigée en 1958 par un scientiste attaché au ministère canadien des Transports qui y affirme que, après une enquête discrète auprès de l'ambassade du Canada à Washington, on l'a informé que l'enquête sur les OVNIS "est le dossier le plus secret aux mains du gouvernement américain, et que ce dossier est classifié à un niveau supérieur à celui de la bombe H." Certains responsables auraient même informé ce scientiste que les soucoupes volantes sont réelles.

"Depuis 1947 au moins, alors qu'un vaisseau extra-terrestre s'écrasa au Nouveau-Mexique et fut récupéré par le gouvernement des E.-U. ainsi que des corps qui se trouvaient à bord, un petit groupe de personnes, aux plus hauts échelons à Washington, savent parfaitement bien que nous avons eu la visite d'extra-terrestres. Ces personnes ont tout fait pour conserver le secret dans cette affaire", ajoute Friedman.

C'est le 2 juillet 1947 que se produisit un incident près de la ville frontière de Roswell, au Nouveau-Mexique, incident qui, affirme Friedman, a incité le gouvernement de Washington à classer ultra-secret toutes les informations pertinentes aux OVNIS.

Friedman et son collègue William Moore, auteurs du best seller The Roswell Incident, se sont entretenus avec 89 personnes en cause dans cette affaire. 

Selon Friedman, la US Air Force avait annoncé en premier lieu qu'un OVNI s'était écrasé près de Roswell. Elle changea ultérieurement sa version et affirma qu'il s'agissait d'un ballon météorologique. Or, de dire l'ovniologue, il a interrogé plusieurs personnes, y compris un général d'aviation à la retraite, qui ont admis que les autorités avaient décidé de substituer la thèse du ballon aux débris d'OVNI qu'ils avaient récupérés et qu'ils avaient soumis à l'étude de laboratoires.

Métal laminé

"Nous avons obtenu le témoignage de sept personnes qui ont manipulé le matériau découvert à cet endroit. Elles affirment toutes qu'il s'agissait d'un matériau mince, très résistant et très léger, qui était facile à plier, mais qui ne conservait aucune empreinte de contrainte. On ne pouvait le brûler ou le déchirer et cela ressemblait à du métal laminé. Nous avons parlé à beaucoup de personnes qui ont admis que les autorités avaient tout fait pour cacher la vérité."

Friedman croitque les gouvernements conservent le secret sur les OVNIS parce qu'ils veulent être les premiers à recréer la technologie de pointe utilisée dans la construction des vaisseaux extra-terrestres. Ces gouvernements craindraient également, dit-il, les retombées politiques négatives advenant qu'ils admettent s'intéresser de près à cette question.

"Tous les gouvernements, sur cette Terre, craignent que leurs citoyens jurent un jour allégeance à leur planète plutôt qu'à leur pays. Le nationalisme est ce qui permet aux gouvernements de se maintenir au pouvoir."

Friedman croit que l'Homme a droit à la vérité. Il espère qu'un grand responsable, peut-être sentant sa fin venir, décidera-t-il un jour de ne pas emporter son secret dans la tombe.

mardi 23 octobre 2012

Armée U.S., indépendance du Québec et métapsychique (3)

Le 4 août dernier, lors d'une réflexion sur l'espionnage psychique et l'indépendance du Québec, la Jérusalem des Terres Froides a reproduit un article de Bertrand Méheust à propos d'un test effectué auprès du médium Joseph McMoneagle par le prestidigitateur français Ranky. Or, ce Ranky a écrit deux livres sur la métapsychique : Le paranormal, de mes yeux vu..., paru en 2006 aux éditions Trajectoire (Paris) et L'encyclopédie du mystérieux, paru cette année à la même maison d'éditions. Aux pages 43 à 54 de son premier livre, l'illusioniste raconte son expérience avec McMoneagle, dans le cadre d'un documentaire sur la voyance réalisé par Marie-Monique Robin. La JTF vous présente ici ce passage en question, où Ranky nous parle de sa double expérience avec McMoneagle et la voyante française Maud Kristen.

---Le paranormal, de mes yeux vu... les médiums---

Dossier Maud Kristen
Dossier Joseph McMoneagle

J'aborderai le cas Maud Kristen avec une approche tout à fait personnelle et particulière. C'est la journaliste Marie-Monique Robin, grand reporter, auteur de nombreux ouvrages et émissions de télévision qui m'a présenté Maud lors d'une séance de spiritisme donnée par le groupe "Cuarto de Luz" où j'avais été pressenti pour donner mon avis sur ces manifestations. Avec une lucidité et une intuition des plus pointues, Maud Kristen m'avait exposé son opinion sur les prestations douteuses de ces spirites mexicains. J'étais sûr de revoir Maud Kristen dans un avenir proche pour un travail très constructif.

En effet, quelque temps plus tard, Marie-Monique Robin sollicitait ma participation dans un film qu'elle préparait avec la productrice Françoise Gazio.

Marie-Monique Robin est une des rares journalistes françaises ayant décidé de porter un regard rationnel et sans tabou sur les phénomènes encores inexpliqués, en se plaçant du côté du raisonnement scientifique sur l'irrationnel. Tout cela, nous dit-elle, parce qu'elle est tombée sur le bouquin d'un professeur d'université californienne qui parlait, entre autre, de la conscience : comment ça marche, vaste problème ! grand mystère ! et qui relatait un tas de travaux scientifiques sur la télépathie, la vision à distance. Elle découvrait que depuis un siècle, on menait, un peu partout dans le monde, sauf en France, avec une petite exception au début du XXième siècle, des travaux dans des laboratoires pluridisciplinaires. Dans ce livre, on parle de la communication entre les êtres hunains, la télépathie, la capacité de s'informer par d'autres moyens que les sens ordinaires. La vision à distance, poursuit Marie-Monique, ça existe ou ça n'existe pas, mais au moins, ils essaient de savoir si on peut, par des travaux, appréhender, mesurer, répéter. Il faut savoir qu'aux États-Unis, depuis 1969, la parapsychologie est une discipline qui a intégré l'"Association pour le Progrès de la Science" (l'establishment scientifique américain), et elle en fait partie comme d'autres disciplines : physique, mathématique, etc. Ce qui est loin d'être le cas en France !

La parapsychologie est toujours un sujet tabou en France

Vous dites que vous travaillez sur ce sujet : on vous soupçonne d'être devenu fou ou d'être tombé dans le New-Age. Et quand vous parlez avec des scientifiques français, on voit bien que ça les interesse, mais ils rétorquent très vite : "Si on met le doigt là-dedans, on va m'accuser de 'croire en Dieu'".

Marie-Monique Robin a donc dû aller ailleurs : en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, aux États-Unis, dans de nombreux pays où on étudie la parapsychologie scientifique. Il a résulté de cette enquête minutieuse un film riche d'enseignements, à mon humble avis, le dicument le plus objectif et honnête jamais produit à ce jour sur le paranormal et portant le titre : "La Science face au paranormal".

Le cerveau humain étudié par des scientifiques pendant des séances de voyance

Maud Kristen, engagée dans ce documentaire, s'est donc rendue aux États-Unis pour se soumettre aux investigations de Norman Don, professeur en neurologie à l'université de Chicago. Connectée à diverses machines, l'équipe de Norman Don va observer ce qui se passe dans sa tête pendant qu'elle tente de communiquer par un autre sens que par les cinq connus, ce qui constituerait donc un sixième sens. Plutôt que de prouver l'existence des capacités paranormales, l'objectif est surtout d'étudier l'activité cérébrale de Maud pendant ses voyances. Maud s'est donc pliée aux exigences des scientifiques en se soumettant à diverses expériences : notamment, deviner le contenu de sept enveloppes scellées, avec un protocole expérimental rigoureux. Même Norman Don ne connaissait pas les documents placés dans les enveloppes, ceci afin d'éviter tout phénomène télépathique éventuel. Maud donnera une description d'une très grande justesse sur trois enveloppes.

Les ondes cérébrales, au moment où elle a commencé à "voir" le document sont du type Alpha, ce qui correspond à 10 hertz, soit 10 cycles par seconde, caractéristiques d'un état de profonde relaxation. L'hémisphère cérébral gauche et l'hémisphère droit sont par moment alignés, c'est-à-dire que leur activité est synchrone. Ce n'est pas habituel. En général, les deux hémisphères ne fonctionnent pas en phase. La synchronisation des deux hémisphères cérébraux est une caractéristique de ce que les neurologues appellent un état modifié de conscience. Norman Don raconte l'exemple des chamans qui prennent des plantes hallucinogènes pour atteindre cet état. Ils sont alors capables de soigner des gens et d'avoir toutes sortes de capacités paranormales. Il cite également la période de rêve dans le sommeil qui est un état très réceptif permettant à certaines personnes de faire des rêves prémonitoires qui se réalisent par la suite.

Les sujets Psi ne fonctionnent pas selon les lois ordinaires de la nature. Mais dans les autres pays, nous sommes dans le domaine de la recherche, nous ne sommes pas dans le domaine de croyance dans lequel la France est confinée.

Un des plus grands voyants du monde

Un autre médium s'est soumis aux expérimentations des chercheurs américains. Joseph McMoneagle, ancien agent des services secrets américains, est aujourd'hui le voyant le plus décoré du monde : 38 médailles dont la prestigieuse "Légion du Mérite". En 1970, en Allemagne où il est en poste, il est victime d'un accident cardio-vasculaire qui le plonge dans le coma. Il réalise alors une expérience de mort imminente considérée depuis l'année 1994 comme un état modifié de conscience. C'est en sortant de cet état qu'il a commencé à faire des expériences paranormales, comme si cet accident avait ouvert des portes devant lui. En 1978, il est engagé par la CIA comme voyant-espion. Il intègre le programme Star Gate avec pour objectif de tester la vision à distance permettant de visiter mentalement des lieux. Il participe à 200 missions de vision à distance dont 150 auraient été positives, c'est-à-dire qu'elles auraient servi aux plus hautes sphères du gouvernement. Le programme, supervisé par des physiciens, est issu de la "guerre froide" que se menaient à l'époque la CIA et le KGB des services soviétiques. Il a coûté environ 1 million de dollars annuels. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des résultats sont toujours classés "Secret-Défense".

Aujourd'hui, Joseph McMoneagle est indépendant et travaille principalement pour la police ou les groupes industriels.

J'ai testé Maud Kristen et McMoneagle.

Concernant ces deux voyants, Marie-Monique Robin et Françoise Gazio vont donc me demander d'établir un protocole d'expérimentation pour le film qu'elles réalisent. Pour notre comité, c'est une grande première car nous allons devoir établir un protocole très spécial contrôlant simultanément deux médiums, l'un en France et le second aux États-Unis, en tenant compte du décalage horaire et en éliminant à l'insu des producteurs du film et des techniciens, les nombreuses possibilités de fraude grâce aux communications possibles par téléphones portables, internet et autres combines. Cela m'a valu quelques tiraillements et incompréhensions sur certains lieux de tournage, quand je semblais subitement déroger à la ligne de conduite du protocole établi. Mais c'était le prix à payer pour une expertise objective et parfaitement honnête.

Je me suis donc rendu au siège de la production "Idéale-Audience" où, avec Cécile Clocheret, une collaboratrice de Françoise Gazio, nous choisîmes à l'aide d'un plan de Paris-Banlieue vingt-cinq sites, en éliminant les monuments trop touristiques : Arc de Triomphe, Beaubourg, l'Obélisque ou la tour Eiffel. Cécile Clocheret et moi pliâmes les fiches retenues qui furent ensuites insérées dans des enveloppes opaques blanches. Ces enveloppes furent scellées, mélangées et numérotées pour pouvoir les tirer au sort par un moyen que je devais choisir au dernier moment. Enfin, je rangeais ces vingt-cinq enveloppes dans mon attaché-case dans l'attente du tournage.

Avec Mario Varvoglis, docteur en psychologie qui a travaillé à l'Université de Princeton et actuel président de l'Institut Métapsychique International (IMI), nous avions décidé d'organiser ensemble cette double-expérience, avec à Paris, Maud Kristen et, en Virginie, Joseph McMoneagle. 

À Paris, il était 14 heures et 8 heures en Virginie. Maud allait exercer sa capacité de précognition. Elle devait essayer de "voir" le futur en devinant où se trouverait Mario Varvoglis à 18 heures. Le site n'était alors connu de personne et serait tiré au sort à 17 heures. Après le départ de Mario, Maud commença à se concentrer. 

Reprise intégrale des propos de Maud Kristen

"En arrivant, il y a des arbres de chaque côté. La vue est plutôt large. Je sens une certaine austérité, quelque chose de solennel. C'est presque pompeux. Le bâtiment, en face, a vu passer de très belles réceptions, avec des robes somptueuses. Dans ce lieu, je sens une grande concentration de matériaux précieux : marbre, bois, dorures, formes alambiquées. À l'intérieur, je vois de belles peintures et des panneaux sur les murs. L'endroit n'est pas en bon état et mériterait d'être restauré".

Et comme je suis de nature curieuse, je me suis rendu, quelques jours plus tard, au Grand Palais où effectivement, le bâtiment était bardé d'échafaudages, de bâches, etc., car il était en rénovation, ainsi que Maud l'avait pressenti.

17 heures 20. Je tire au sort, à l'aide d'une roulette, le lieu parmi les 25 proposés. L'enveloppe no.16 est désignée : c'est le pont Alexandre III.

Pour la partie concernant le contrôle du second médium Joseph McMoneagle, d'après le protocole établi par mes soins, Mario Varvoglis ne connaîtra la cible qu'en arrivant sur les lieux. Nous arrivons sur le pont Alexandre III à 18 heures.

Au même moment, en Virginie, Joseph McMoneagle entre en méditation. Objectif : déconnecter sa conscience de l'environnement pour laisser émerger l'inconscient. Joseph se concentre sur Mario qu'il a croisé dans des congrès de parapsychologie.

Mario et moi sommes sur le pont Alexandre III. Mario commence à me parler pendant une dizaine de secondes, semble-t-il pour entamer une sorte de connexion, puis il se tait et commence à se concentrer sur les images qu'il voit.

Reprise intégrale des propos de Joseph McMoneagle

" Je fais le vide dans mon esprit, et maintenant j'essaie de recevoir les images que voit Mario à Paris. Mario se penche vers la gauche. Il y a une sorte d'arche (en même temps, Joseph dessine ce qu'il annonce "voir"). Et là, c'est un mur. Et puis je "vois" un passage qui passe sous quelque chose. J'ai vraiment l'impression très forte de quelque chose qui s'enfonce profondément dans le noir (effectivement, la journée est ensoleillée et le dessous de l'arche du pont est très sombre). D'un côté c'est ouvert, de l'autre côté aussi. C'est peut-être un pont".

Joseph se concentre quelques secondes puis reprend, au moment précis où Mario regarde la main d'une statue : "C' est très bizarre, je "vois" une main (plus tard, en visionnant le film, on s'apercevra que Joseph tend son propre bras droit, imitant celui de la statue). Je pense qu'elle fait partie d'une statue, en métal. Elle est dans un angle, ou en hauteur. C'est un endroit particulier, très artistique, très compliqué. Je vois Mario marcher, regarder en l'air et me disant : "regarde Joseph" (ce qui est parfaitement exact).

Et Joseph se met à recevoir des flashes très rapides : "Il y a un bâtiment adjacent pas très haut mais long et qui présente toujours les mêmes motifs, avec une zone obscure en haut. Ce bâtiment en arcades n'est pas très vieux : il a peut-être soixante ans. J'ai l'impression qu'il y a tout près une sorte de mémorial, quelque chose dédié à la mémoire d'une personnalité célèbre... ou peut-être une bataille importante... ou, c'est ça, un mémorial en l'honneur d'une personnalité d'une époque particulière..."

Mario et moi avons très minutieusement décortiqué les expériences de Maud Kristen et de Joseph McMoneagle.

Quand on réécoute les paroles et qu'on regarde les dessins de Maud, on s'aperçoit qu'elle a bien capté l'essence de cet ensemble architectural du XIXième siècle construit pour l'Exposition Universelle, en se connectant plutôt sur le Grand Palais que sur le pont.

Il y a beaucoup de correspondances entre ce qu'a dessiné Joseph McMoneagle aux États-Unis et les structures, sur le pont et aux alentours, notamment le bâtiment assez bas avec les arches qui correspond au bâtiment d'Air France qui est juste à côté du pont Alexandre III.

Quant au mémorial consacré à un grand personnage : en face du pont, on voit les Invalides qui est le tombeau de Napoléon.

Je laisse la conclusion à Mario Varvoglis : "On peut toujours dire que finalement, c'est peut-être le hasard, mais ici, on constate qu'il y a suffisamment de correspondances parlantes qui renforcent cette impression, qu'on a effectivement une vraie session de vision à distance pour ce qui concerne Joseph et de vision précognitive à distance pour Maud".

Ces tests simultanés ont été réalisés avec la plus parfaite sécurité. Tous les rushes (chutes de film) ont été conservés, répertoriés, numérotés. Voici un exemple parfait de collaboration entre scientifique, journaliste, illusioniste et sujets Psi, destinée à faire avancer la recherche parapsychologique.

Ranky

mardi 9 octobre 2012

Attaques mondialistes contre le Vaudou en sol haïtien

La Jérusalem des Terres Froides s'était donné comme but premier d'aborder l'indépendance du Québec d'un point de vue "ésotérique" ou considérant que le métapsychique est un fait scientifique, mais il semble que la place ait été investie par les loas vaudou. Ils s'imposent comme lors d'une crise de chevauchement ou "possession" et la JTF se voit dans l'obligation de revenir sur le sujet.

Alors qu'avec les affaires de Marbial et d'Alexandre Junca, on met en relief les attaques mondialistes contre le Vaudou pour les esprits occidentaux, l'article qui est présenté ici parle des attaques mondialistes sur le sol haïtien. Il ne saurait être plus clair avec sa conclusion : "Qu’une fin définitive soit mise aux persécutions hystériques et incessantes des sectes religieuses importées qui outrepassent leur droit à la vie et à l’hospitalité qu’ils reçoivent sur le territoire de notre pays".

Ces "sectes religieuses importées" sont la plupart du temps les évangélistes états-uniens, qui se démarquent toujours par leur agressivité envers les traditions ancestrales des autochtones. Ceux qui sont installés dans le grand nord canadien ne cessent de diaboliser le shamanisme inuït, ceux qui sont au Guatemala attaquent les croyances mayas (comme on peut le constater ici à partir de 6 min, 54) et ceux qui sont en Haïti n'y font pas exception. Ces évangélistes sont une arme de déculturation des populations pour mieux les soumettre aux grands diktats mondialistes, travaillant souvent de connivence avec la CIA et le reste des services secrets atlantistes. Rappelons que ces groupes existent également au Québec comme on peut le voir ici.

D'après l'article, il semble qu'un certain nombre des élites haïtiennes, dont des policiers en région éloignée, soient de mèche avec les mondialistes. Ce qui est plus que probable, la corruption étant l'arme de prédilection du mondialisme. Ce sont ces élites locales que les "sectes religieuses importées" cherchent à convertir pour ensuite les diriger contre le Vaudou, la source de l'identité haïtienne profonde.

---Haiti-Vodou : Pétition contre des persécutions religieuses et l’abrogation de l’article 297 de la constitution de 1987---


Publié dans AlterPresse le 8 octobre 2012

Pétition promue par la Konfederasyon Nasyonal Vodouizan Ayisyen (KNVA)
Document transmis à AlterPresse le 7 octobre 2012

AMENDEMENT CONSTITUTIONNEL ET PERSÉCUTIONS RELIGIEUSES
PÉTITION

1. Le 19 juin 2012, le Président Martelly promulguait dans le journal officiel Le Moniteur un amendement constitutionnel préparé sous le gouvernement Préval, voté et approuvé en catimini par les deux chambres.

2. Cet amendement est déplorable quand on considère qu’il abroge l’Article 297 qui effectivement signait l’arrêt de « toutes les Lois, tous les Décrets-Lois, tous les Décrets restreignant arbitrairement les droits et libertés fondamentaux des citoyens notamment : a) Le Décret-Loi du 5 septembre 1935 sur les croyances superstitieuses… ».

Soulignons le fait que la loi de 1935 avait fait de tout vodouisant un hors-la-loi durant cinquante-deux douloureuses années.

3. Les arguments rendus par le gouvernement sont trompeurs. Ce n’est pas le décret-loi promulgué par le Président Aristide en 2004 déclarant le Vodou religion nationale qui protégera les pratiquants des zones reculées de notre pays, historiquement persécutés, opprimés et sujets à l’appréciation subjective des CASECs locaux.

4. La preuve de ce que nous avançons ici est que depuis cet amendement, bon nombre d’attaques ont été perpétrées contre des Vodouisants, notamment l’arrestation arbitraire et injustifiée, le 14 août 2012, du houngan Jean Raymond, connu sous le nom de Zaza, gardien du Bois Caïman.

Nous, signataires de cette pétition, exigeons : · Que la dignité pleine et entière soit immédiatement rendue au Vodou en tant que Traditions culturelles et religieuses du peuple haïtien ;

· Que le Bois Caïman soit enfin consacré en tant que lieu de la concrétisation de l’âme de nos aïeux qui forgèrent la nation haïtienne.

· Qu’une fin définitive soit mise aux persécutions hystériques et incessantes des sectes religieuses importées qui outrepassent leur droit à la vie et à l’hospitalité qu’ils reçoivent sur le territoire de notre pays ;

· Le retrait pur et simple de cette abrogation infâme ;

· La libération immédiate de tous les Vodouisants injustement incarcérés sous de nombreux prétextes fallacieux, vils et méchants.

samedi 6 octobre 2012

Espionnage et ésotérisme au Vatican

Voici une dépêche qu'il était bien difficile à la Jérusalem des Terres Froides de ne pas relayer. Elle est retransmise telle quelle, sans commentaires

 

---Milliers de documents sur l'ésotérisme trouvés chez l'ex-majordome---


Paru sur Romandie.com le 3 octobre 2012 à 15 : 28

L'ancien majordome de Benoît XVI était en possession de certains papiers où le pape avait écrit "à détruire", selon le témoignage de la police pontificale mercredi à son procès. Paolo Gabriele est jugé pour avoir volé et diffusé des documents confidentiels du Vatican.

Les derniers témoins, quatre gendarmes, tous appelés par la défense, se sont exprimés mercredi au troisième et avant-dernier jour du procès, ajourné jusqu'au verdict qui sera rendu samedi. Ils avaient participé à la perquisition au domicile de Paolo Gabriele le 23 mai.

Fasciné par l'occultisme

Les perquisitions menées chez l'ancien homme de confiance du pape ont montré qu'il était fasciné par l'occultisme, les loges maçonniques et les services secrets.

Les témoins ont parlé de "centaines de milliers de documents" retrouvés au domicile du majordome: des articles de journaux découpés et des documents téléchargés depuis internet, sur des sujets aussi divers que la loge P2, les francs-maçons, la banque du Vatican IOR ou l'ésotérisme.

Tous les témoins ont souligné que les documents concernant le pape étaient "habilement dissimulés" au milieu de ces papiers en désordre. "La majeure partie de ces papiers ne concernait pas l'affaire Vatileaks", a souligné le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège.

Opérations compromises

Mais, sur les documents en rapport avec Vatileaks saisis, "un nombre plutôt important" concernait la personne du pape, et les correspondances entre lui et de hauts responsables de l'Eglise, a-t-il précisé. "Certains étaient des originaux. Il y avait beaucoup de photocopies", a-t-il précisé.

Le gendarme Luca Bassetti a témoigné avoir vu dans les documents "des papiers signés du pape". La déposition des enquêteurs a montré que le vol de certains documents codés avait compromis plusieurs opérations que comptait mener le Saint-Siège.

D'après ce témoignage, Paolo Gabriele avait également imprimé des instructions sur les moyens de dissimuler des dossiers sur un ordinateur et d'utiliser un téléphone portable sans laisser de traces.

jeudi 4 octobre 2012

Nouvelle propagande mondialiste contre le Vaudou

La Jérusalem des Terres Froides avait pris la décision de ne pas revenir trop tôt sur le Vaudou, ne voulant pas négliger le reste de ses champs d'intérêts. Mais bien sûr, l'actualité l'a rejoint et l'oblige à revenir sur la campagne de salissage de cette religion par les médias mondialistes.

Il y a à Pau, dans le sud de la France, une histoire sordide d'adolescent disparu en juin 2011 dont on a retrouvé un tibias trois semaines après et le reste du corps (tous les membres tronçonnés) en octobre 2011. Il y a effectivement de sérieuses raisons de penser à un crime rituel mais certains journaleux impériaux utilisent le mot "vaudou", comme si c'était approprié (alors qu'il est si facile d'être renseigné). La JTF présente ici les exemples de FranceTV Info, paru le premier octobre, Le Parisien le deux octobre et La République des Pyrénées le trois. Deux d'entre eux utilisent le mot "vaudou" directement dans leur titre de manchette mais FranceTV Info prend la précaution d'y installer des guillemets.

Ces trois articles laissent entendre que le mot "vaudou" provient de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Ce qui à prime abord est surprenant si celle-ci se veut composée de spécialistes. Mais à bien y penser, la Miviludes reste une création du gouvernement français qui lui fournit ses subsides, alors il ne serait finalement pas si surprenant de voir cette "mission" procéder elle-même à l'amalgame entre "vaudou" et "crime rituel". Il n'empêche, la JTF est bien curieuse de connaître qui est ce "spécialiste reconnu des rites sataniques et vaudous" que la Miviludes a suggéré à la Police Judiciaire (tel que rapporté dans l'article de Le Parisien). Ceci dit, La République des Pyrénées rapporte que la réponse de la Miviludes fut : "Il n'y a aucun signalement de dérive sur des pratiques vaudou en France". Ce qui est rassurant ; il y a peut-être encore de la probité au sein du gouvernement français, malgré les corruptions UMPS.

---Pau. Meurtre d'Alexandre Junca, un "rite vaudou" ?---


Édouard Da Costa - France 3
Paru dans FranceTV Info le premier octobre 2012 à 18 : 37

FAITS DIVERS - Seize mois ont passé depuis la mort d'Alexandre Junca, 13 ans, à Pau (Pyrénées-Atlantiques). C'est le temps qu'il aura fallu pour que la police judiciaire et l'Office central pour la répression des violences faites aux personnes (OCRVP) envisagent, lundi 1er octobre, l'hypothèse d'un "rite vaudou", selon les informations de FTVi.

Ce sont le mode opératoire et la manière dont la jeune victime a été démembrée, révélés par les analyses médico-légales, qui ont poussé la police judiciaire à solliciter la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), début septembre. L'objectif est d'identifier d'éventuelles dérives vaudou ces dernières années dans le Sud-Ouest ou ailleurs en France.

"Une violence atypique"

Les morceaux du corps de l'adolescent, disparu le 4 juin 2011 vers 23 heures, avaient été retrouvé en plusieurs fois. Trois semaines après la disparition d'Alexandre, un SDF avait découvert sur une berge du gave de Pau, la rivière qui traverse la ville, l'une des cuisses du garçon. En octobre 2011, les enquêteurs ont retrouvé les restes du corps, sous les gravats d'une digue en construction, toujours le long de la rivière."Nous sommes face à un crime d'une violence atypique", avait déclaré le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller, cité par Sud Ouest en juin 2012. Si bien que malgré près de 1300 auditions, 400 perquisitions, de multiples vérifications téléphoniques et prélèvements génétiques, l'enquête piétinait. D'autant plus que la scène de crime n'a jamais été localisée avec certitude.

---Meurtre d’Alexandre à Pau : la piste d’un rite vaudou---


Jean-Marc Ducos
Paru dans Le Parisien le 2 octobre 2012 à 16 : 08

 L’enquête sur la disparition et le d’Alexandre Junca, 14 ans, à Pau (Pyrénées - Atlantiques) en juin 2011, s’oriente vers la piste d’un sacrifice vaudou.La police judiciaire de Bordeaux a demandé, fin septembre, l’aide de la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) sur cette question précise.

Contactée, la Miviludes confirme qu’elle a bien aiguillé la PJ vers un spécialiste reconnu des rites sataniques et vaudous. De plus, la découpe des os de la victime et leur nettoyage presque parfait semble confirmer les doutes de la PJ.

Alexandre Junca a disparu dans la nuit du 4 au 5 juin 2011 à Pau alors qu’il rentrait chez son père après un tour de vélo. Un fémur de l’adolescent avait été retrouvé le 26 juin sur les berges du Gave de Pau et le reste de ses membres tronçonnés en octobre 2011 au milieu d'une digue provisoire construite dans le torrent avec des gravats.

Pour l’heure, les enquêteurs n’ont toujours pas de scène du , ignorant où la victime a été tuée.

---Meurtre d'Alexandre : la piste du crime rituel étudiée---


L.V.
Paru dans La République des Pyrénées le 3 octobre 2012 à 6 : 00.

Seize mois après le mort d'Alexandre Junca, l'enquête se poursuit, ne négligeant aucune piste. Parmi la multitude d'hypothèses soulevées au cours des investigations, les enquêteurs se sont interrogés sur l'éventualité d'un crime commis selon un rite vaudou ou sataniste.

Alexandre victime d'un crime rituel ? La thèse manque de poids mais a été étudiée par les enquêteurs de la police judiciaire. Le mois dernier la PJ a sollicité la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). But: savoir si des faits criminels liés à des pratiques vaudou avaient eu lieu en France, et particulièrement dans le Sud-Ouest.

Selon les informations recueillies auprès de cette Mission rattachée aux services du Premier ministre, "il n'y a aucun signalement de dérive sur des pratiques vaudou en France".

De son côté, le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller, confirme que "contact a été pris mais qu'il n'y a rien à commenter". "Je ne m'exprime pas sur une éventuelle piste vaudou. Il n'y a pas de piste légitime ou illégitime mais une cellule de cinq à six personnes qui poursuit l'enquête. Cette enquête reste la plus importante du service" souligne le procureur.

L'avocate de la maman d'Alexandre, Me Mazza, "n'a aucune information sur des avancées sur cette piste". "Je ne suis pas excessivement surprise dans la mesure où les parties civiles avaient évoqué cette hypothèse au début de l'enquête. Les enquêteurs ne négligent rien" avance-t-elle.

L'hypothèse de la piste du sacrifice vaudou ou satanique repose essentiellement sur le mode opératoire et la façon dont la jeune victime a été tuée qui pourraient avoir un éventuel rapport avec ces pratiques. À la PJ, on rappelle qu'il "s'agit de vérifications faites comme d'autres. Il n'y a rien de chaud mais il faut savoir que le dossier ne sera jamais fermé", ajoute-t-on.

Pour le criminologue et psychologue, Jean-Pierre Bouchard, la piste satanique ou vaudou "est peu plausible".

"Je reste très prudent mais le crime rituel est quasi inexistant en France" affirme-t-il. "Mais même si une piste n'a pas 1 % de chances de déboucher sur quelque chose, il faut l'explorer aussi" conclut-il. Alexandre avait disparu le 4 juin 2011 alors qu'il rentrait chez son père dans le centre de Pau. Un fémur de l'adolescent avait été retrouvé au bord du gave trois semaines plus tard. Le reste du corps avait été retrouvé par les enquêteurs sous une digue provisoire près du chantier du canal Heid.

A ce jour, les enquêteurs ont procédé à plus de 1300 auditions et effectué plus de 400 perquisitions. Et les recherches se poursuivent.

Folklore québécois : Démons et merveilles, le bestiaire fantastique

Bonjour. Après un mois et demi sans activité sur son site, la Jérusalem des Terres Froides vous présente la transcription d'une émission-radio traitant du folklore québécois, réalisé par le Service des Transcriptions et Dérivés de la Radio de la Maison de Radio-Canada. Il s'agit du Bestiaire fantastique, le premier épisode de Démons et merveilles, une série hebdomadaire présentée par le spécialiste Jean Duberger d'octobre à décembre 1984. Bien que la JTF ne partage pas le point-de-vue "matérialiste-sceptique" de M. Duberger, il n'en reste pas moins qu'on y retrouve beaucoup d'informations et d'histoires intéressantes, des vieilles légendes urbaines et des symbolismes de l'imaginaire québécois.

La JTF a recopié mot à mot la transcription radio-canadienne. Comme c'est la mise en écrit d'une conversation entre animateur (Duberger) et interviewer (Renée Hudon), la lecture n'est pas fluide comme un texte mûrement réfléchi avant rédaction. Qui plus est, il s'agit d'une émission diffusée le 22 octobre 1984 et on peut y constater les différences de langue d'avec 2012. Mais même si quelques passages sont un peu malaisés à lire, le tout reste facilement compréhensible et garde une grande valeur.

Démons et merveilles I, le bestiaire fantastique

"Démons et merveilles"

Jean Duberger, "Démons et merveilles", c'est un titre prometteur pour une série d'émissions; mais est-ce qu'on peut associer les merveilles avec les démons ?

C'est un paradoxe, évidemment, parce que le monde infernal, même s'il comporte bien des merveilles, c'est un feu d'artifice, c'est l'Expo, c'est des fêtes, c'est Noël. Mais je prends merveille à un sens beaucoup plus ancien: c'est tout ce qui dépasse le niveau de ma vie quotidienne; c'est ce qui est beaucoup plus lointain que l'horizon immédiat de ma vie de tous les jours. Et là, ces merveilles, eh bien, c'est non seulement des démons, c'est non seulement ce que Marius Barbeau appelait l'engeance infernale, c'est-à-dire le grand Lucifer lui-même, ou Satan, avec tout ce qui l'entoure, jusqu'au plus petit diablotin, mais c'est aussi les morts qui reviennent sur terre, c'est aussi les esprits tels que les feux-follets, tels que les lutins, les gnomes et les trolls et toutes ces bêtes qui viennent dans notre vie, qui viennent encore, d'ailleurs, mais ayant changé de visage -- nous pourrons en parler, à un moment donné.

J'allais justement vous demander si tout ce monde de lutins, de gnomes, de diablotins, de démons est encore aussi vivant qu'il l'était il y a quelques générations, par exemple. J'ai l'impression que c'était plus présent chez nos ancêtres que ça l'est chez nous, actuellement.

Je répondrais peut-être par un exemple d'un évènement qui m'est arrivé dans ma vie. Après un cours, à l'université -- je faisais un cours sur les superstitions -- une jeune femme vient me voir et dit : "Je voudrais vous voir à votre bureau." Je dis : "Écoutez, Madame, si vous avez des questions, vous pouvez les poser devant tout le monde." Elle dit : "Non, non, non, non." Alors, nous sommes allés à mon bureau, et aussitôt la porte fermée, elle me dit : "Auriez-vous un contre-sort à me donner ?" J'ai dit : "Un contre-sort, pourquoi ?" Mais c'est que son mari avait subi, subissait l'influence d'un sort jeté par une vieille sorcière, en pleine ville de Québec...

Et elle vous disait ça le plus sérieusement du monde.

Eh oui, et puis je lui ai dit : "Écoute, il n'y a pas de contre-sort." Elle me dit : "Il y en a, vous enseignez les superstitions." De toute façon, voici ce garçon qui s'en va, avec sa jeune femme, dans un quartier populaire de Québec, pour faire de l'animation sociale. Bon, frais émolu de l'université, avec un diplôme lui permettant de changer l'univers, d'en faire un monde meilleur, eh bien, il se retrouve, dans un quartier tout à fait neuf, un peu énervé, il avait peur. Et il est arrivé une vieille, après une semaine, qui lui a dit : "Mon garçon, qu'est-ce que tu fais dans le quartier, toi ?" Il dit : "Moi, je viens ici pour travailler, conscientiser les gens." Il s'expliquait. Elle dit : "On n'a pas besoin de toi. Je m'en occupe de mon quartier." Alors, c'était une femme qui était un petit peu tireuse de cartes, qui pouvait deviner l'avenir, qui donnait des conseils de toutes sortes, peut-être un peu faiseuse d'anges, enfin une personne plutôt équivoque. Et puis qui dit au garçon "Va-t'en !"

Deux semaines plus tard, elle revient, il n'était pas parti. "Eh bien, si t'es parti, tu vas t'en aller malgré toi, parce que tu vas te souvenir de moi. " Et ça, c'est la forme que les jeteux de sorts, autrefois, c'est la formule qu'ils utilisaient pour jeter un sort. Alors le garçon se dit : "Il n'y a a pas de danger, voyons, voyons, voyons, sa mère !" Et puis, la vieille s'en va. Et quelques jours plus tard, eh bien, le garçon tombe malade, se retrouve au C.H.U.L., où, paraît-il, d'après la femme, on ne savait pas du tout ce qu'il avait. On a fait des examens. Et c'est à ce moment-là que la jeune femme vient me voir. Alors, je l'ai conseillée, j'ai dit : "Il y a peut-être une bonne solution, j'ai dit, je sais qu'autrefois, dans ces situations-là, eh bien, on obtempérait à l'ordre des jeteux de sorts. On s'en allait, et ça s'arrange..."

Sans contre-sort...

Sans contre sort. Et, à ce moment-là, ils se sont retirés du quartier. La jeune femme est allée dire à la sorcière, à ce que l'on appelait la sorcière, elle lui dit : "Je m'en vais. Nous partons." Et quelques jours plus tard le garçon a commencé à se rétablir, à se remettre. Il est allé faire du missionnariat ailleurs et puis il n'a plus jamais été malade.

Évidemment, on voit bien qu'on est là dans le psychosomatique. On voit bien qu'on est là devant quelqu'un qui s'est rendu réellement malade, pour ainsi dire, obéir. Et alors, des histoires de sorts jetés, comme ça, il y en a encore.

Allez-vous nous en raconter ?

Eh oui, des choses qui sont arrivées dans Bellechasse, entre autres, un troupeau de vaches qui a été ensorcelé par une sorcière américaine. Et c'est dans quelques émissions que nous verrons ça.

Je sens que nous n'en sommes pas au bout de nos surprises. Si, on jetait un petit coup d'oeil, déjà, sur les superstitions, les légendes, les histoires concernant les animaux, elles sont très nombreuses dans notre région. Au Québec, entre autres, il y a beaucoup de ces histoires se rapportant au démon prenant la forme d'un animal.

Ah oui. Ça, le diable qui prend la forme d'un animal, eh bien, entre autres, il a construit des églises, sous forme animale, sous la forme d'un beau cheval blanc. Sous la forme d'un cheval noir aussi il est venu enlever des danseurs. Mais ça, nous verrons ça dans une émission pour le diable. Mais, pour le moment, je voudrais tout simplement évoquer justement ce bestiaire fantastique où nous trouvons que des animaux domestiques peuvent devenir, tout à coup, possédés par quelque chose de tout à fait étranger.

Quand vous parlez de ce bestiaire fantastique, c'est qu'il est très présent chez nous, il est très vivant encore.

Eh bien, il y a peut-être un animal, je dirais, dans nos rumeurs, parce que je distinguerais. Il y a des légendes, oui. Une légende, c'est un récit plutôt ancien, qui évoque des faits qui se sont passés autrefois. Mais la rumeur est, dans le milieu urbain actuel, une sorte de récit qui commence, qui est en germination. Par exemple, on ne parlera peut-être pas d'animaux diaboliques, mais par exemple, il y a quelques temps, à Montréal, un jeune homme est allé acheter un anorak de ski dans une boutique...

C'est un geste très quotidien, très actuel.

Eh bien, tout à coup, tout en essayant son anorak, il s'est senti piqué à l'épaule...

Il y avait une petite épingle qui était resté dans l'anorak.

Il n'y avait pas d'épingle dans l'anorak. Mais seulement, ce qui s'est passé, il a été étourdi, il était vraiment... un malaise profond, et le vendeur fait venir un taxi et dit : "Vite, montez-le au General Hospital, à Montréal". En arrivant là-bas, à l'urgence, c'est un jeune médecin stagiaire, un résident, qui venait de Taiwan et qui, paraît-il, a immédiatement reconnu les symptômes de l'empoisonnement dont souffrait le garçon. Il a tout de suite donné évidemment l'antibiotique, je ne sais pas trop, là, le contrepoison ; et à ce moment-là, il a pris l'anorak, il l'a déchiré, et est sorti un beau petit serpent jaune qui est tombé par terre...

L'anorak venait de Taiwan.

L'anorak venait de Taiwan, oui. Alors, il l'a écrasé et, cette histoire, c'est très amusant...

Est-ce qu'elle est vraie, êtes-vous certain que c'est vrai ?

Dans la Gazette de Montréal, des journalistes ont essayé d'identifier le magasin où ça s'était passé et personne n'a pu dire : "Eh bien, c'est arrivé chez nous." Ils ont fait la rue Sainte-Catherine. Ensuite de ça, ils sont allés voir au General Hospital, et sont allés demander : "Est-ce qu'il est arrivé quelqu'un, ici, empoisonné par la piqûre d'un serpent ?" Personne n'a pu le découvrir. Il n'y avait pas de... rien dans les dossiers. Mais l'histoire circulait. Et même il y avait un magasin de nommé, et le gérant de ce magasin a dit : "Pour moi, c'est nos compétiteurs qui ont parti la légende, l'histoire pour nous enlever des clients." Mais ce qui est très curieux, on contait la même chose, pour des magasins à Ottawa, au mail de la rue Sparks, à Ottawa. C'est arrivé là. Vous voyez, on est là, on parcourt la province, et tout à coup on découvre ces histoires de petits serpents, qui viennent. Alors, là c'est un animal de l'extérieur de notre aire culturelle, un animal qui vient de loin, une maladie exotique. Et autrefois, chez nos gens, quand on contait des légendes, au fond, c'était un exotisme de l'intérieur.

On n'avait pas de télévision, c'était un sens, un goût du merveilleux...

C'est ça. Et on se contait ces histoires-là. Et une des premières histoires, par exemple, et une des choses très archaïques, mais que, ici, au Canada, a laissé un peu moins de traces, eh bien, c'est les sirènes. Les sirènes à la baie... par exemple dans le golfe Saint-Laurent. Et c'est Faucher de Saint-Maurice qui en parle. Les sirènes annonçaient le mauvais temps. Mais on raconte en Gaspésie qu'une jeune sirène est arrivé toute proche d'une barque et a demandé au pêcheur de lui enlever les sangsues qui suçaient son sang. Alors après ça, elle l'a remercié et elle lui a montré les bons endroits où trouver le poisson...

C'est beau, ça, c'était une bonne sirène. Mais il y a en avait des moins bonnes.

C'était une bonne sirène, c'est-à-dire qu'elle avait besoin, à ce moment-là, de l'homme pour enlever les sangsues. Il y en a une autre, dans le lac Supérieur. Et c'est un marchand, c'est un coureur de bois de Montréal, quelqu'un qui faisait la traite des fourrures, Venant Saint-Germain, qui, lui, a vu cette sirène dans le lac Supérieur, donc une sirène d'eau douce, et qui était extrêmement agressive, celle-là. Il paraît que quelqu'un aurait tiré un coup de fusil, ça a vexé la sirène et une grande tempête -- il y a des ces tempêtes sur le lac Supérieur, d'ailleurs les voyageurs des pays d'En-Haut en parlaient, de ces grandes tempêtes du lac Supérieur -- la tempête a éclaté. Donc, voir une sirène, c'était l'annonce, pour les voyageurs, d'un grand danger, d'une tempête. Et à ce moment-là, on allait tout de suite à terre, le long de la route des pays d'En-Haut ou dans le golfe Saint-Laurent, on tâchait d'entrer au port.

Nos sirènes, ce ne sont pas celles de l'Odyssée, par exemple, qui appelle Ulysse. Ce n'est pas exactement la même thématique. Ici, ce sont des sirènes qui annoncent le mauvais temps, qui sont aussi un petit peu divinités indiennes, amérindiennes. Parce que c'est une vieille indienne qui dit à Venant Saint-Germain de ne pas tirer, de ne pas la tirer, parce que tous les malheurs vont leur tomber sur la tête.

Alors on voit un petit peu, avec cette histoire de sirènes, que nous avons ce que nous appelons en folklore l'euphémisation ou la dégradation du récit. C'est-à-dire, vous avez des grands récits primitifs, les grandes histoires, les mythes profonds, et tout à coup à mesure qu'ils s'approchent, ils deviennent très simples, au fond ces petits personnages viennent avertir, ce ne sont plus les grandes menaces cosmiques, malgré qu'on en a encore un petit peu.

Est-ce qu'on peut dire qu'on les a apprivoisés, un peu, au fil des ans.

C'est que les récits... Claude Lévi-Strauss, dans un de ses ouvrages, parle justement de la banalisation des mythes. On a les grands mythes primitifs. Il disait qu'en Amérique latine, par exemple, le mythe originel tout à coup dégénère et vous retrouvez tout à coup, sur la place du marché à Quito... une histoire, le dieu devient un petit personnage de marionnette. Un peu comme ici, à un moment donné, on avait le diable beau danseur qui faisait peur, il y a cent ans et qui, à Radio-Canada, était devenu un personnage dans "Fanfreluche" et qui était exactement comme dans Guignol, il recevait la bastonnade du curé.

Si on continuait dans nos animaux, Jean Duberger, est-ce qu'on peut parler des animaux qui nous sont plus familiers que les sirènes, ou que les petits serpents jaunes de Taiwan...

Le chat domestique, le bon chat, si placide, et en même temps si lointain. Le chat est peut-être le personnage en folklore qui est le plus... comment dire ? à la fois fascinant... Au fond, c'est comme le sacré. "Tremendum et fascinosum", qui nous attire, qui nous fascine et qui nous fait peur...

On le craint, au fond, le chat.

On a peur. Et vous savez qu'il y a une croyance qu'un chat s'éveille sept fois par nuit il s'approche du lit de son maître, avec l'intention de le tuer.

Comment pourrais-je dormir ce soir, j'ai un chat ?

Alors, écoutez, simplement, je vais vous consoler en vous disant que le chat, quand même, il est comme dans un état second et, tout à coup, c'est comme si la bulle éclatait, il se dit : "Mais que vais-je faire ? J'allais le tuer ou la tuer."

Mon bon maître.

Ah oui, et le chat revient et va se recoucher. La nuit, vous savez, c'est le temps où se déchaînent toutes les grandes forces de la nature, les forces contrôlées dans le jour par la conscience qu'est la lumière. Et là, c'est le monde de l'inconscient qui s'éveille, la nuit. Et la nuit, bon, les esprits reviennent, les esprits se promènent dans la maison. Et les chats sont animés d'une autre vie. Les chats se réunissaient et c'était quelque chose d'assez original : ce pont se couvrait de chats, on ne pouvait pas passer. Et vous savez, ces chats deviennent agressifs, là, ces chats qu'on s'approche d'eux, ils vous regardent avec des yeux, le poil hérissé. Alors le pont des chicanes à Rimouski...

Qui existe toujours ?

C'est le pont... un bon pont de la voirie de Québec, maintenant, mais à l'époque, c'est un pont avec une cabane de passeur, c'est-à-dire qu'on prélevait, on faisait payer les gens, péager...

Oui, d'accord...

Alors, les chats étaient là. Arrive un bonhomme pour traverser et il y avait un grand chat, un grand chat qui semblait dominer tous les autres, un grand chat blanc. Et ce chat-là était beaucoup plus agressif. Alors le passant, le marcheur, prend une pierre, il la lance au chat, il le blesse. Et le chat, tout de suite, le sang coule et il s'enfuit dans la montagne, dans la campagne. Et là, tous les chats se sont mis à murmurer : "Robert est mort, Robert est mort, Robert est mort." Ils sont tous disparus. Là, le marcheur avait peur. Il a vu se faire un silence de mort. Et puis il entre dans la cabane de celui qui faisait payer les passants, puis il dit : "Je viens de tuer un chat. Je le vois plus, il est disparu. Et puis les autres chats ont dit que Robert est mort." A ce monet-là, il y avait un grand chat jaune derrière le poêle qui dormait, qui ouvre les yeux, sort la tête, regarde : "Si Robert est mort, moi, je n'ai plus rien à faire ici". Et puis il est sorti, il est disparu et on n'a plus jamais revu ce chat-là.

Alors, ça, c'est une suite, c'est une sorte... c'est un peu la queue de la comète. Parce qu'il y a un mythe grec qu'à un moment donné, dans l'Antiquité, on a entendu, partout en Grèce, des voix dans le ciel qui disaient : "Le grand dieu Pan est mort. Le grand dieu Pan est mort." Et vous avez une légende universelle que, lorsque les dieux meurent, une voix annonce leur mort ou proclame leur mort dans le ciel.

Et nous on aurait un peu ramené ça à nos dimensions,. ici.

C'est ça. Ici ça vient tout à coup par quelle avenue ? Je ne puis pas le dire. Nous avons quelques pistes dans Stith Thompson, "The Motif-Index of the Folk Tales", on retrouve des traces de cette croyance-là, que ces chats... que cette proclamation, mais c'est surtout la proclamation de la mort d'une divinité. Et je pense que c'est Nietzsche qu'il y a cette... qu'il parle de cette légende grecque. Alors, ici encore un peu le phénomène de banalisation, malgré que ce n'est pas tellement banal tous ces chats qui grouillent sur un pont, et puis qui ne veulent pas laisser passer les passants et qui sont agressifs. Alors, ça, ce sont nos chats, ici, ça s'appelait le kaba des chats...

Le sabbat ou le kaba ?

Kaba ou sabbat.

Est-ce qu'on peut situer, dans le temps, à peu près à quel moment cette légende a pris forme ?

Ici, au Québec, Marius Barbeau l'a recueillie, je pense que c'est de Saint-Laurent, et puis c'est autour des années 1914-1918. Et puis le conteur l'avait entendue quelques années auparavant. Alors c'est au début du siècle qu'on racontait cette chose-là. Mais en général, vous savez, dans les légendes, si vous commencez à vouloir des précisions, c'est notre vieux maître, Marius Barbeau, qui disait : "Avec les légendes faut pas trop creuser, parce qu'à ce moment-là on arrive, et c'est vrai, c'est comme une apparition : plus vous approchez, vous la voyez peut-être mais elle disparaît." Un peu comme ces taches que vous voyez sur la route, l'été, on pense que ce sont des taches d'huile, mais ce sont des mirages. Et les légendes, si on commence à vouloir savoir exactement ce qui s'est passé...

On perd le mystère, on perd le charme.

Eh oui, et nous sommes ici pour parler de mystères et de merveilles et de démons...

J'ai compris la leçon, Jean Duberger. Mais j'aimerais que vous nous parliez des chiens -- si on veut satisfaire tous nos auditeurs, les amoureux des chats ou des chiens -- il y a aussi plusieurs histoires un peu noires, un peu sombres, un peu mystérieuses, autour des chiens...

Le chien noir, par exemple, qui va venir punir -- encore c'est le diable ici -- qui vient punir des bûcherons qui sacraient. Bon. Mais nous avons au rocher Malin, ça c'est à Notre-Dame-du-Portage, il y a un rocher qui est tout près de l'ancienne route. Puis, au rocher Malin, nous trouvons justement cette croyance qu'il y avait un chien qui inquiétait les passants. Et, vous voyez, c'était quand même... je vais m'éloigner un petit peu du rocher Malin : dès que l'homme s'éloigne de sa maison, dès qu'il s'éloigne du lieu où il y a son feu, eh bien, il s'avance dans le mystère, il s'avance vers les dangers, C'est pour ça qu'il y avait des croix de chemins, c'était pour contrôler l'aléatoire, parce qu'il n'y a rien qui était plus dangereux qu'une croisée de chemins. Je vous raconterai plus tard comment on peut faire venir le diable à la croisée des chemins avec une poule noire, une nuit sans lune et à minuit. Mais donc, dès qu'on s'éloigne de notre lieu domestique, on a peur, et le danger arrive.

Et ça fait penser que maintenant encore il y a tout un légendaire autour de certains chiens. Les étudiants me racontent des histoires de dobermans terribles qui protègent des maisons, de ces chiens dobermans, par exemple d'un parrain de la maffia qui, pour protéger son maître, est passé à travers une porte de contre-plagé, qui a pu la traverser pour sauter sur la gorge de celui qui attaquait son maître. Il y a tout un légendaire actuel des chiens de garde qui sont terribles.

Alors, le chien, au fond, c'est un archétype qui est étudié par Gilbert Durand, dans les "Les structures anthropologiques de l'imaginaire", où il parle justement de l'image du mordicant, de la morsure, de la gueule qui dévore, qu'on va retrouver aussi dans le requin, qu'on va retrouver, toutes ces gueules, au fond, des images de la mort, parce que la mort engloutit les hommes, alors c'est cette image qui continue. Mais, vous voyez, tous les lacs, les grands lacs profonds génèrent... il y en a un autre, le lac Champlain, et même les gardes-pêche du Vermont ont une patrouille puis à un moment donné, tout un été de temps, avec un sonar, ils ont fait des sondages pour savoir s'ils ne pourraient pas voir cette forme, avec une sorte de radar. Qu'est-ce que c'est cette image ? Voyez-vous, c'est, pour commencer, le milieu aquatique, c'est le milieu de l'indécision, c'est le milieu... ces grands lacs profonds, c'est l'eau...

Qui cache tant de mystères.

Oui et l'eau, ce n'est pas notre élément naturel. Et puis au fond, nous projetons sur cette eau, parce qu'il y a une image d'animaux aussi -- les alligators dans les égouts de New-York, par exemple...

Qu'est-ce que c'est, ça ? Précisez-moi.

Je laisse Pohénégamook deux secondes.

On revient.

Les gens revenaient de Floride avec de tout petits alligators qu'ils achetaient là-bas, comme des animaux domestiques. Maintenant, ces petits animaux-là, ça grossit avec le temps. On les gardait dans notre bain et à un moment donné ça devenait dangereux de prendre son bain, et on puis on jetait le petit alligator dans la chasse d'eau, dans les toilettes, et on tirait la chasse d'eau.

Adieu !

Mais l'alligator descendait, parcourait tous les périples de la maison et se retrouvait dans les égouts de New York. Et là, il bouffait ce qu'il pouvait. Mais n'ayant plus la lumière du soleil, ils en venaient à perdre leur teinte verte et devenaient blancs, et, ne voyant plus, étant dans la noirceur, ils devenaient aveugles. Et la légende veut que les égouts de New York soient remplis d'alligators maintenant très gros, et blancs, et aveugles, qui se mordent et qui se battent. Et vous voyez immédiatement ici cette métaphore des entrailles de la ville : l'inconscient d'une grande ville peuplée d'alligators, c'est l'inconscient collectif d'une ville, la ville de New York, avec ses engueulades, sa violence. Et tout à coup, il y a tout un mythe qui arrive et qui est créé et qui rend compte de façon symbolique de la perception que les gens ont de leur inconscient collectif.

Et de leur environnement. Est-ce qu'on pourrait dire la même chose du monstre de Pohénégamook ? Vous vouliez terminer là-dessus, je pense.

Pohénégamook, c'est un monstre, au fond, extrêmement sympathique. Il n'attaque pas. Il se cache, il a peur des hommes. Alors, il ne les attaque pas. C'est un monstre sympathique qui fait bien l'affaire des hôteliers du coin, qui reçoivent des délégations de partout...

Des journalistes qui vont faire des entrevues...

Justement. Alors, Pohénégamook est sympathique. Comme tous nos lacs canadiens, où il y a des monstres, au fond, ça vient mousser la publicité de la Chambre de commerce locale.

Jean Duberger, on ne pourrait pas terminer ces minutes consacrées au bestiaire, sans parler des chevaux.

Ah, les beaux chevaux...

Les beaux chevaux.

Le cheval noir, par exemple, à l'île aux Grues. On dit qu'avant la mort des habitants de l'île aux Grues, on entend la nuit précédente un cheval qui galope au centre de l'île. On a essayé de la voir, on n'entend que les sabots. C'est le cheval de la mort. Si vous vous souvenez dans un film de Bergman, je pense c'est dans "Le silence", il y a la charrette de la mort, qui arrive, et un cheval décharné qui tire la charrette...

L'image même de la mort...

Oui. Alors, le cheval, évidemment, qui est énergie vitale, qui est aussi messager de la mort, qui amène la mort avec lui. Et nous avons donc une image de ce cheval qui vient annoncer la mort. Et il y a aussi le cheval de l'île d'orléans. C'était des gens qui revenaient de danser, et puis un grand cheval est arrivé. Il y a un bonhomme qui dit : "Je vais monter dessus." Il ne le connaissait pas. Il est monté. Le deuxième, son compagnon, est aussi monté, et le troisième, et le cheval allongeait, allongeait, allongeait. Les sept étaient montés. Et quand les sept ont été bien installés, ils étaient un peu étonnés, là le cheval s'est mis à galoper vers le fleuve (c'était à Saint-Laurent) et puis il commençait à être dans la boue sur le bord de l'eau là. Et là, il y a un garçon qui a crié : " Mon Dieu !" À ce moment-là, le cheval s'est rétréci, a repris sa dimension, et les gars sont tombés dans l'eau. Et les disparus dans l'eau tout à coup ont vu la grande tête du cheval dans le milieu du fleuve Saint-Laurent, qui hennissait, comme un grand rire, qui s'était moqué d'eux. Là, ici, c'est un esprit noyeur, qui vient chercher les hommes pour les amener dans son royaume des eaux.

Est-ce que les gens de Saint-Laurent-de-l'Île en parlent encore, est-ce qu'ils s'en souviennent ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas. On n'est pas allé trop loin de ce côté-là, vous savez. Maintenant, les gens de Saint-Laurent-de-l'Île sont comme tous les gens de la terre, ils ont la télé et les merveilles qu'ils véhiculent sont celles qu'ils voient tous les soirs à la télévision.

Jean Duberger, j'aurais le goût d'entendre encore de ces histoires, même si elles nous parlent des démons et des diables. Pouvez-vous quand même nous mettre en appétit pour la prochaine émission. De quoi sera-t-il question ?

Nous allons parler des morts, des trépassés, des revenants.

Il y a beaucoup à dire ?

Il y a beaucoup à dire. C'est incroyable comme les morts dans notre pays ne sont pas tranquilles de l'autre côté ; ils reviennent sans cesse nous parler de ce qu'il leur arrive de l'autre côté.

Alors, nous serons ici pour les rencontrer.

À la semaine prochaine.

Merci, Jean Duberger

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Ici, Jean Duberger qui, au nom de ma collègue Renée Hudon et de toute l'équipe de production de la série "Démons et merveilles", vous souhaite une bonne semaine à notre antenne et vous invite à être des nôtres pour la prochaine émission, lundi prochain à la même heure.

samedi 18 août 2012

La marginalisation du Vaudou

La conclusion de cette malheureuse affaire de Marbial et de l'attaque mondialiste contre le Vaudou qui en suivi vient de paraître d'elle-même, dans cet article de Bonzouti.com, écrit par Jhonson Mardy le 13 août dernier. Il ne fait pas référence à l'évènement lui-même mais décrit l'ensemble dans lequel il s'insère.

 ---À quand la fin de la marginalisation du vaudou ?---

Jhonson Mardy
Paru dans Bonzouti.com le 13 août 2012

Le vaudou, bien qu’étant une religion ancestrale, a subi et continue encore de subir une certaine incompréhension frisant l’hostilité haineuse de la part des autorités, de la population... Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, il reste marginalisé.

Coup d’œil rétrospectif et réflexif sur le vaudou haïtien

Après l’extermination des premiers habitants de l'île d’Haïti, les colonisateurs firent venir des esclaves noirs capturés dans leur pays d’origine en Afrique en vue d’assurer la continuité de l’exploitation. Pendant la période coloniale, ils ont imposé les valeurs européennes et le catholicisme romain aux esclaves. Ces derniers furent forcés d’adorer leurs dieux africains clandestinement et de cacher leurs attachements viscéraux à la religion ancestrale (réf 1).

Arrachés, abaissés, il ne restait que la croyance comme chose commune à ces hommes. Leur liberté était restreinte mais les colons n’étaient pas en mesure de contrôler leur pensée. A chaque moment, leurs dieux étaient présents dans leur esprit, ils formaient un seul et unique corps. A cet effet, la religion devint l’élément catalyseur transformant la résistance individuelle en une résistance collective. Indubitablement, le vaudou a joué un rôle capital dans la révolte des esclaves. Ainsi se justifie l'opinion du Docteur Jean Price Mars : « Pendant les treize années de violences, de privations, de tortures, les nègres puisèrent dans leur foi aux dieux d'Afrique l'héroïsme qui leur fit affronter la mort et réaliser le miracle de 1804 (réf 2).

Les leaders charismatiques comme Makandal, Hyacinthe, Boukman, Biassou conciliaient deux fonctions : l’une militaire, l’autre religieuse. Pour convaincre les esclaves, ils ont compris qu’il fallait avant tout faire partie intégrante de leur culte. Ils se sont servis des croyances pour pouvoir asseoir leur prestige. Musulman de naissance, Makandal n’inspirait pas trop confiance à ses pairs qui voyaient en lui un redoutable sorcier. C'est lui qui fut à l'origine de la célèbre cérémonie du bois Caïman (14 août 1791), donnant aux esclaves toute l'énergie qui les conduisait sur le chemin de la liberté. Il apporta le courage manquant à certains de ces guerriers en leur faisant croire que les balles des blancs ne pouvaient pas les atteindre (réf 3).

Né dans la clandestinité, le vaudou haïtien est un mélange du vaudou d’Afrique de l'Ouest et du folklore religieux chrétien. Tout au long de l’histoire d’Haïti, le vaudou ne jouissait d'aucune reconnaissance légale jusqu’à récemment. Il fut victime de persécution de toutes sortes de la part des colons qui considéraient les pratiques du vaudou comme barbares et menaçantes pour la sécurité même du système. Il est persécuté pour la plupart du temps par les personnages qui vont se succéder à la tête du nouvel État noir, voulant se démarquer des pratiques ancestrales, blanchir la culture haïtienne. Le vaudou s'est vu abandonné et méprisé par une bonne partie de la population. A cela s’ajoute le fait qu’au fil des années, le vaudou n’est plus utilisé à bon escient avec les pratiques de la sorcellerie comme la zombification, le loup-garou qui ont des conséquences néfastes sur la société haïtienne. En effet, rares sont ceux qui se disent « vodouisants» même si, pour bon nombre de sociologues, la plupart des Haïtiens pratiquent le vaudou à des degrés divers.

Du fait de ses origines, le vaudou haïtien est sans nul doute l’aboutissement de diverses croyances. Le vaudou intégra des éléments des religions africaines avec le culte des saints dans la religion catholique. On peut considérer la célèbre cérémonie du bois-Caïman qui conduisit à la libération des esclaves comme l’une des pratiques marquant le Vaudou haïtien. Le vaudou haïtien se caractérise par des pratiques particulières, étranges et même « mystiques » si bien qu’on peut se demander s’il s’agit d’une véritable religion ou d’une simple conception du monde. Pour ses adeptes, c’est une religion à part entière devant jouir les mêmes privilèges que les autres. Signalons toutefois qu’il n’existe aucune définition de la religion acceptée à l’unanimité Cependant, on peut identifier bon nombre d’éléments couramment invoqués parmi les nombreuses définitions données tels que : croyances, pratiques, affiliations et institutions afférentes. Au regard de ces éléments classiques de la religion, le vaudou en est-il une ?

Le vaudou est un « système complexe de connaissances qui n’a rien à voir avec les visions simplistes qui consistent soit à planter des aiguilles dans des poupées ou à transformer des innocents en zombies. C’est une forme organisée de support communautaire qui apporte une signification à l’expérience humaine en relation avec les forces naturelles et supranaturelles de l’univers. » (Réf 4). Ces derniers croient en un en « Être suprême identifié au Dieu des chrétiens et qu'ils appellent le "Bondye" en créole. Toutefois, le "Bondye" vodou ne s'immisce pas dans les affaires humaines. Il est plutôt une figure royale déléguant ses pouvoirs aux saints, esprits et "lwas". Ceux-ci agissent comme ses plénipotentiaires. » (Réf 5). Ils sont généralement assimilés aux saints de la religion catholique romaine.

La consécration juridique du Vaudou

Comme évoqué ci-dessus, le vaudou n’était pas reconnu légalement comme une religion à une date encore récente. C’est ainsi que les prêtres et adeptes du vaudou ne jouissaient d’aucune reconnaissance de la part de l’Etat. Ce qui faisait du vaudou une simple pratique clandestine au regard de la loi. Le décret-loi du 5 septembre 1935 le comptait même parmi les croyances superstitieuses prohibées. L’on comprend bien que la liberté de conscience et de religion n’était pas respectée.

Cependant, on a assisté à un éveil de conscience à partir de 1986 car la liberté de religion est l'un des aspects les plus révélateurs de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987, stipulant en son article 30 que « toutes les religions et tous les cultes sont libres. Toute personne a le droit de professer sa religion et son culte, pourvu que l'exercice de ce droit ne trouble pas l'ordre et la paix publics. » L’article 297, avant son abrogation par l’amendement controversé de la constitution, abolissait aussi « toutes les Lois, tous les Décrets-Lois, tous les Décrets restreignant arbitrairement les droits et libertés fondamentaux des citoyens» dont celui du 5 septembre 1935. L’abrogation de cet article inquiète les responsables du vodou au plus haut niveau.

En avril 2003, l’ex-président Jean-Bertrand Aristide a publié un arrêté reconnaissant le vaudou « comme religion à part entière, devant remplir sa mission sur le territoire national en conformité à la Constitution et aux lois de la République.» (Art 1.) Par cet acte, Aristide a témoigné, dans une certaine mesure, de la volonté de l’État de placer le vaudou sous la protection des lois et institutions du pays au même titre que toutes les autres religions. En son article 5, le décret autorise « le chef de culte vodou, responsable d’un temple ou d’un haut lieu sacré…à prêter serment par devant le doyen du Tribunal Civil de son ressort. Une fois assermentés, les Chefs de culte vodou peuvent être habilités à célébrer baptêmes, mariages et funérailles. » Dans les faits, malgré cette reconnaissance, le vaudou a toujours fait face une discrimination comme par le passé.

Le vaudou, une religion marginalisée

Au XIX siècle, le vaudou était assimilé à du barbarisme par les occidentaux. Il connaitra des heures sombres et sera diabolisé. Au moment de l’esclavage, le code noir en 1685 a introduit une méthode pour réprimer le vaudou. Cette répression ne sera jamais interrompue, car plusieurs décrets et ordonnances ont érigé le vaudou comme pratique sorcière. Des crimes de sortilège et crimes de rébellion se confondent peu à peu.

Toussaint LOUVERTURE interdît tout rassemblement nocturne dans les bourgs sous peine de punitions corporelles et de peines de prison. En réalité, c’est une mesure qui tendait beaucoup plus à prohiber le vaudou. Son successeur Jean Jacques Dessalines, lui, fît exécuter certains vodouisants pour semer la crainte en leur sein. Ainsi, il les obligea à abandonner la pratique.

Après Dessalines, le gouvernement de Boyer a adopté un code rural en 1826 qui qualifiait la pratique du vaudou de superstition. Elle sera une nouvelle fois condamnée. L’article 246 du code pénal du 11 août 1835 précise : « Est aussi qualifié attentat à la vie d’une personne, par empoisonnement, l’emploi qui sera fait contre elle de substances qui, sans donner la mort, auront produit un effet léthargique plus ou moins prolongé, de quelque manière que ces substances aient été employées et quelles qu’en aient été les suites. Si par la suite de cet état léthargique, la personne a été inhumée, l’attentat sera qualifié d’assassinat. »

Au début du 20ième siècle, le vaudou a été utilisé comme prétexte par les américains pour occuper le pays. Ils voulaient éradiquer le vaudou car selon eux, c’est le vaudou qui rendait plus difficile la lutte contre les cacos, un groupe rebelle dans le pays à cette époque. Selon les américains, tous les chefs cacos furent des prêtres vaudou.

Les politiciens ont trouvé également dans le vaudou un prétexte de choix pour diviser les haïtiens. Les intellectuels haïtiens eux-mêmes ne voulaient surtout pas qu’on les associe à ces pratiques qu’ils qualifient « d’africaines ». Le vaudou a donc servi de justification pour le système de « caste » qui prévalait en Haïti.

Soulignons le cas anecdotique de l’empereur Faustin Soulouque, grand adepte du vaudou qui fut en même temps l’un de ses principaux bourreaux, si l’on croit Alfred Malraux dans son ouvrage « le vaudou haïtien »

Quant à François Duvalier, il a « su utiliser tout l’imaginaire du vaudou pour asseoir son pouvoir. Il utilisait le côté le plus extrême du vaudou pour faire croire au peuple que son pouvoir avait quelque chose qui relevait du mystère. Il organisait de grandes cérémonies de vaudou auxquelles devait assister son gouvernement. » (Réf 6) Ainsi, le départ du Président Jean-Claude Duvalier en 1986 a entraîné de violentes persécutions à l’encontre des vodouisants.

Les rapports entre le vaudou et le christianisme ont toujours été conflictuels. L’église catholique a toujours qualifié de pratique sorcière le vaudou. Pour l’église protestante, le vaudou est toujours assimilé à de la sorcellerie.

Les adeptes du vaudou sont également victimes de persécutions en cas de malheur. C’est ainsi que lors du séisme du 12 janvier 2010, ils ont été accusés d’être à l’origine du séisme qui a dévasté le pays. Ces accusations ont viré à des violences lorsque des groupes de chrétiens évangélistes ont jeté des pierres sur les participants à une cérémonie vaudou.

Plus récemment, lors de la flambée de choléra meurtrière en Haïti, des prêtres vaudou ont été battus à coups de machette et de pierre avant d’être brûlés dans la rue. Malgré les appels des autorités, les pratiquants du vaudou ont été soit lynchés, soit tués à coup de machettes par la population qui les accuse d’être à l’origine de la propagation de la maladie en jetant des sorts ou en répandant de la poudre mystique. De son coté, le chef suprême du vaudou, Max Beauvoir, « s'est plaint de ce que la police et les autorités ne faisaient pas tout ce qu'il fallait pour empêcher les lynchages et pour punir leurs auteurs » (réf 7).

Donc du fait de ces persécutions, nombreux sont les vodouisants qui ont encore aujourd’hui une certaine réticence à affirmer leur croyance religieuse au risque d’être persécutés. Nonobstant, pour certains, c’est aléatoire de vouloir considérer le vaudou comme une minorité religieuse en Haïti, car il représente « l’identité haïtienne » par rapport à notre histoire de peuple mais dire que la plupart des Haïtiens sont vodouisants est aussi fausse.

Minorité ou majorité : cela importe peu. Mais il nous faut cultiver davantage l’esprit d’amour, de tolérance et de paix. Éduquer la population, c’est l’une des conditions sine qua non pour que le vaudou cesse d’être marginalisé. Mais dans l’imaginaire haïtien, est-il possible véritablement de faire une démarcation entre le vaudou et la sorcellerie ? C’est là que le bât blesse !

Réf 1- Source : Microsoft Africana, 2000

Réf 2 Docteur Jean Price MARS Ainsi parla l'Oncle

Réf 3- Source: http://www.haiti-reference.com/religion/vodou/vodou.html

Réf 4- Source : Microsoft Africana, 2000

Réf 5- http://www.haiti-reference.com/religion/vodou/pantheon.php
http://afriquepluriel.ruwenzori.net/vaudou.htm

Réf 6- Le vaudou haitien (imc.mbhs.edu/forlang/Haiti/Le%20vaudou%20haitien%20.doc)
Réf http://www.haiti-reference.com/religion/vodou/pantheon.php
http://www.bibliomonde.net/donnee/haiti-religions-287.html

Réf 7- http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101223.OBS5175/haiti

dimanche 12 août 2012

Approche magique de l'agriculture (3)

Le 6 août dernier, la Jérusalem des Terres Froides avait présenté un court texte sur l'agriculteur naturel Masanobu Fukuoka. Voilà qu'elle trouve sur le site de documentation Aryanalibris deux ouvrages de Fukuoka que l'on peut télécharger gratuitement, La révolution d'un seul grain de paille, paru en 1975 et L'agriculture naturelle, paru en 1985. Une excellente initiative de ce site où l'on peut trouver des trésors de médecine et de survivalisme.

Exemple de propagande mondialiste contre le Vaudou (5)

Avec cet article d'AlterPresse, on constate que l'affaire de Marbial a relancé les attaques mondialistes contre le Vaudou. Le grand houngan haïtien Max Beauvoir (que l'on peut voir dans le documentaire de Lesarchivesdusorcier) proteste contre les accusations habituelles de sacrifices humains. Ici les mondialistes sont l'Église Catholique avec le prêtre Louis Gabriel Blot qui utilise directement un vocabulaire de magie noire ("sacrifices maléfiques") et la foire des Protestantismes qui laissent sous entendre que les infanticides sacrificiels sont "historiques" dans le Vaudou et que celui-ci n'est pas adapté à l'époque moderne. Bref, le Vaudou est trop rebelle pour le gouvernement mondial et ce dernier veut le voir disparaître sous l'étiquette infamante de "superstitions pouvant mener à des atrocités", à défaut d'en venir à bout physiquement.

On aurait pu croire à prime abord que la Franc-Maçonnerie, si impliquée dans le mondialisme au sein des grandes loges spéculatives occidentales, se déchaîne ici aussi contre le Vaudou. Mais comme il s'agit ici d'une loge haïtienne, il y a toutes les chances qu'il s'agisse d'une loge opérative n'ayant aucun lien avec les F-M mondialistes. D'ailleurs, on remarque que le vénérable Boulay de l'article utilise d'emblée un vocabulaire de magie, ce qui va dans le sens de l'opératif et non du spéculatif.

---Haïti - Justice : Le Vodou n’est pas en cause dans les récents crimes d’enfants, réagit l’Ati national---

Port-au-Prince
Publié par AlterPresse le 10 août 2012

« C’est une méchanceté de la part de celles et de ceux, qui veulent diaboliser le Vodou pour précipiter sa destruction. Ceux qui ont posé ces actions n’ont rien à voir avec le Vodou ».

C’est la réaction de l’Ati national (chef suprême du vodou), Max Gesner Beauvoir, suite à plusieurs cas d’assassinat d’enfants mis en lien avec des sacrifices vodou.

Joint au téléphone par AlterPresse, l’Ati national rejette tout lien automatique entre ces actes criminels, empreints de mysticisme, et la religion qu’il professe.

Le Vodou est une religion, basée sur la « célébration de la vie », souligne Beauvoir. et ajoute que
« Toutes celles et tous ceux, qui cherchent, d’une façon ou d’une autre, à rapprocher ces sacrifices humains au vodou, ont 500 années de retard mental », estime-t-il.

Le 25 juillet 2012, une fillette de 6 ans a été retrouvée mutilée dans un champ de canne-à-sucre dans la localité de Montegrande (3e section communale de Hinche, dans le département du Centre).

Chrismael Jean aurait été sacrifiée aux fins de gagner au loto, affirment des parents de cette victime dans la localité de Montegrande.

Sous prétexte qu’ils étaient possédés par des esprits démoniaques, Laurana Chéry (15 mois), Sophiana Chéry (3 ans), Tony Chéry (4 ans) et Mirlanda Chéry (7 ans) ont été battus à mort par un prétendu houngan, le 1er août 2012, en présence de leur mère, Andrée Chéry, dans la localité de Marbial (Sud-Est d’Haïti).

Vodou : culte de la vie

« La vodouisante / le vodouisant apprend à célébrer la vie. Le houngan passe les 41 jours de son initiation dans le houmfort à apprendre la vie en communauté, à aimer sa vie et celle de ses semblables », précise l’Ati national haïtien du vodou.

Les crimes, commis selon la distinction établie par la religion vodouesque, semblent davantage être le fait de "bòkò" que de véritables houngans.

Un houngan est un prêtre initié du vodou, qui a appris l’art de la vie, à qui sont révélés les secrets de la médecine traditionnelle « pour donner la vie », tandis qu’un « bòkò est un charlatan du vodou, qui n’a reçu aucune initiation et qui pratique sur le tas », explique Beauvoir.

Alors que dans le rite "Rada" l’initiation dure 41 jours, dans le rite "Congo", « il n’y a qu’un laver-tête de 24 heures ». Les bòkò, eux, ne subissent ni initiation ni laver-tête.

Des crimes crapuleux, loin de toute religion ?

« Ce sont des sacrifices maléfiques, des horreurs inqualifiables », juge le prêtre catholique romain Louis Gabriel Blot, curé de la paroisse Saint-André à Dufort (Léogane, à une trentaine de km au sud de Port-au-Prince).

« C’est de la plus haute méchanceté », s’indigne l’Ati national, chef suprême du vodou, Max Gesner Beauvoir.

Pour Clément Joseph, pasteur protestant et directeur de la mission sociale des églises haïtiennes (Misseh), en plus d’être « non seulement un témoignage de non-respect pour la vie même des plus innocents, de tels actes sont aussi des crimes odieux devant être sévèrement punis par la justice haïtienne ».

Il y a une tendance, signale Joseph, à attribuer au vodou de telles pratiques, qu’il qualifie d’ « historiques ».
La religion vodouesque doit « se moderniser, et ses autorités religieuses doivent se démarquer ouvertement de ces pratiques », estime, de son côté, Édouard Paultre, très connu dans le milieu protestant.

Crimes attribués à l’exorcisme ?

Les crimes, notamment celui commis à Marbial (Sud-Est), ont aussi été rapprochés à l’exorcisme.
Cette opération apparaît comme empreinte d’une grande confusion. Si la plupart des religions en Haïti utilisent l’exorcisme, elles ne la voient pas, toutes, de la même manière.

Michel Archange Boulay, vénérable en exercice de la loge maçonnique l’Étoile d’Haïti # 5, interprète ces actes comme des cas « d’interpellations d’esprits démoniaques, en vue d’obtenir des faveurs quelconques. Ce ne sont pas des exorcismes ».

Quid de l’exorcisme ?

Beauvoir n’y va pas par quatre chemins.

« Toutes les religions font de l’exorcisme : les catholiques romains, les protestants ou les Francs-maçons », dit-il.

Boulay ne dément pas l’Ati national du vodou, en précisant combien « tout franc-maçon n’est pas exorciste. Ce n’est pas quelque chose qu’on reçoit à son initiation. C’est un choix du frère ».

Les techniques peuvent être variées, d’un courant religieux à un autre.

Mais l’essence reste la même, précise le Vénérable Boulay en informant que le « au nom de Jésus, je te chasse démon » - que répètent souvent les protestants - est une formule d’exorcisme.

Dans le cas de l’église catholique romaine, la pratique est institutionnalisée.

« Chaque diocèse de l’église catholique romaine a son prêtre-exorciste, nommé par les autorités ecclésiastiques en fonction de la pureté de vie, de la sainteté de la personne et de son aura. C’est important pour pouvoir faire face aux esprits maléfiques », informe le prêtre Blot.

Cependant, dans le courant protestant, il existe une certaine prudence à utiliser le concept exorcisme.
Même si, sur le fond, il s’agit de la même opération, le pasteur Joseph préfère parler de « prière d’intercession » pour conjurer le mal de l’individu.

Des sectes, appelées « armées célestes », dans le courant protestant, utilisent une forme d’exorcisme, dans laquelle la personne dite « possédée » est bastonnée, forcée d’inhaler des substances, telles de l’ammoniaque (Alcali) ou du formol.

A cela, Clément Joseph rétorque qu’elles ne « répondent à aucune logique du protestantisme. Elles n’appartiennent à aucun groupe de protestants constitués. Leur soi-disant pasteur n’ont reçu aucune formation théologique ».

Reste que « Jésus est le plus grand des exorcistes pour le monde chrétien », argue le vénérable de l’Étoile d’Haïti #5, Michel Archange Boulay.