mercredi 12 mars 2014

L'effroyable imposture « frankiste » de Salim Laïbi

Ça faisait un bon moment que votre serviteur n'était pas allé voir les dernières nouveautés à télécharger sur histoireebook.com. Il y est allé récemment et il a trouvé le livre Jacob Frank de Charles Novak, ce fameux titre qui est toute la base du délire de « sorcellerie des élites 2.0 » de Salim Laïbi. C'était la pièce qui manquait pour pouvoir cerner le but de « La libre panse » avec ses discours obsessifs sur la « magie noire ». On serait tenté à prime abord de dire que comme de nombreux arabo-musulmans, il est très superstitieux sur les histoires de « magie » et de « sorcellerie » et c'est sûr qu'il y a là une partie de la vérité. C'est sûr également que même si lui n'y croirait pas, le reste de la communauté arabo-musulmane de France reste toujours très superstitieuse, limite paranoïaque, par rapport à la « magie » et la sorcellerie. C'est donc un terreau fertile en manipulations de toutes sortes pour le lieutenant du « grand sheikh chauve » Alain Bonnet de Soral, alias Abdès. 

Comme si cela n'était pas suffisant, il y a encore d'autres avantages aux discours « anti-occultistes » du kabyle arrache-dents. Un premier est que c'est facile. Pas besoin de faire une recherche pointue, pas besoin de donner des déclarations précises comme celles des magnats financiers sur un nouvel ordre mondial, simplement répéter une série d'amalgames et de lieux communs avec l'emphase verbale qu'on lui connaît et le tour est joué. Prenez par exemple ce qu'il dit de  « Freud-la-magie-noire » dans sa vidéo contre Onfray, où tout est enchaîné à la vitesse de l'éclair pour empêcher le recul critique. Il nous dira qu'il a fait de longues recherches sur Jean-Paul Bourre et cie mais en réalité, on voit bien qu'il prend pour argent comptant tout ce qu'il peut trouver dans les massmédias et la littérature sensationnaliste. Il suffit qu'il voit deux photos de Ioulia Timoshenko pour qu'il hurle et s'en réfère à la comtesse Bathory, sans même savoir si ce qui est imputé à cette dernière est historique ou non et à savoir si oui, si ça fonctionnait réellement son affaire de bains de sang. Sans même appliquer d'abord le « rasoir d'Ockham », c'est-à-dire... photoshop ? On se souvient que dans sa vidéo « sorcellerie des élites », il acceptait sans discuter les élucubrations et les « croyez-moi sur parole » de Fédorovski sur l'élite politique soviétique, sans oublier non plus l'inoubliable « bibliothèque occulte maléfique de Kadhafi ».

Un second avantage, c'est que c'est très grisant, comme une drogue. Laïbi se veut autorité en matière d'occultisme, de magie et de sorcellerie. Dès que quelqu'un le conteste, c'est « va faire des centaines de lectures (toutes traditions) » ou encore « t'es qu'un bleu, laisse les spécialistes s'exprimer ». Et s'il est poussé dans ses retranchements, alors ce sera « on ne peut aller au bout des choses avec la raison positivisto-matérialiste ». Remarquez la malhonnêteté de l'homme : dès qu'il s'agit de faits allant dans le sens de son discours, alors là c'est « Est-ce que les faits ont une quelconque importance à un moment donné ou pas du tout ?  » comme nous le rappelle Laurent James dans sa vidéo mais quand ces même faits contrarient ses histoires, alors là c'est « t'as pas le niveau », sinon c'est la dernière ligne de défense, à savoir « les limites de la raison positivisto-matérialiste » (quand il ne fait pas référence aux trafics d'enfants comme ultime baillon contre l'opposition). Il se prend pour juge et partie à la fois, il s'imagine avoir le droit de fixer les normes du débat à son avantage en décidant lui-même quels faits conviennent et quels faits ne conviennent pas sous prétexte de « limite de la raison positivisto-matérialiste » que lui seul connaîtrait. Après une lecture superficielle et incomprise de René Guénon et Julius Evola, qu'il porte aux nues jusqu'au point où on peut réellement parler d'idolâtrie, Laïbi se prend pour un petit gourou qui est le seul à savoir ce qu'est la magie, même sans la moindre expérience dans le domaine. Evola lui, avait l'excuse d'avoir participé activement aux expériences d'Ur et Krur, mais pas l'homme des socialistes de 2010. Même qu'en temps normal, Ur et Krur devraient être considérés comme hautement « saTÂNique » par le lieutenant de Soral mais comme on parle ici de  l'auteur de Révolte contre le monde moderne...

Laïbi est prit au piège de ses discours anti-sorcellerie. À l'origine, il a commencé ceux-ci lorsqu'il a voulu varier ses sujets de conférence. Il s'est d'abord fait connaître par des histoires anti-industries pharmaceutiques, en exibant fièrement ses qualifications de dentiste. Mais l'industrie pharmaceutique et la santé, ça peut finir par être redondant et pour renouveler et agrandir son auditoire, il lui fallait plus. Comme il n'a pas la verve et l'expérience médiatique de son maître le « queutard » Soral, qu'il ne peut pas réellement se targuer d'histoire comme Marion Sigaut ou Paul-Éric Blanrue, qu'il ne peut pas être une « caution juive » au soralisme comme peuvent l'être Jacob Cohen et Gilad Atzmon, qu'il n'a pas de talent littéraire comme un Nabe ou un Felix Nietsche, qu'il n'est pas comédien comme Dieudonné M'Bala M'Bala, qu'il n'est pas spécialiste-comptable comme Michel Drac, qu'il ne peut contribuer par sa propre organisation comme Serge Ayoub, qu'il ne peut pas passer pour une bonne mère préoccupée par ses enfants comme Farida Belghoul (alias « la goule »), l'obèse arrache-dents marseillais est obligé de se rabattre sur des discours religieux, ésotériques et magiques s'il veut se distinguer des autres têtes de l'hydre soralienne. Il a prit goût à se prendre pour une autorité spirituelle et le voilà aujourd'hui coincé, il est obligé de procéder par des fuites en avant s'il ne veut pas se retrouver dégradé dans l'organisation soralienne, principal et peut-être unique fournisseur d'audience à notre concerné. C'est pourquoi il est si intolérant lorsqu'il est contesté spécifiquement sur le domaine magique, c'est toute sa « crédibilité » envers sa meute qui est en jeu. Et c'est probablement pourquoi l'homme de la Cobema n'a pas été capable de répondre autrement à Laurent James qu'avec une lettre ouverte, alors qu'à son habitude il réplique avec des vidéos pour des cas bien moins importants.

La première grande sortie « occulte » de Laïbi fut sa vidéo « Sorcellerie des élites » qui avait été relayée par Égalité et Réconciliation. Comme il a déjà été dit ici et une nouvelle vérification vient d'être faite, cette page du site soralien a complètement disparue, votre serviteur n'arrive plus du tout à la retrouver. C'est que celui-ci avait démoli en miettes (en anglais debunked) la vidéo et avait répliqué à toute la vermine zozotérique qui avait accouru à la défense du dentiste anti-moderne. Pendant quelques mois il y a eu un affrontement direct entre le responsable de la JTF et le guénolâtre « issu du bled » par l'intermédiaire des forums soraliens, notamment sur le cas Jean-Paul Bourre

Après ces « échanges », le dentiste soralien s'est calmé dans ses discours de « sorcellerie » et il est revenu un bout de temps à son premier fond de commerce, la santé et l'industrie pharmaceutique. Puis il est revenu à la charge mais cette fois avec le « frankisme » et le « sabbataïsme ». L'auteur de ces lignes connaissait déjà le cas de Sabbataï Tsevi, qui s'était pris pour être le Machiah attendu par les Juifs et qui s'est retrouvé obligé à « porter le turban » par les autorités musulmanes de son époque. Il avait également vaguement entendu parler de Jacob Frank mais cela ne lui portait pas à conséquence car la qabale et la mystique juive dans son ensemble dépassent largement les deux cas de figures mentionnés. Mais lorsqu'il a vu le « Llp » revenir en grande avec ses histoires de « sorcellerie des élites » en ajoutant le qualificatif « frankiste » à toutes les sauces et à chaque fin de phrase, votre serviteur a compris qu'il y avait anguille sous roche. Il savait fort bien que le « frankisme » est une récupération grotesque du lieutenant de Soral pour ses propres visées de gouroutisme guéno-évolien, il savait bien que le livre de Charles Novak était central dans la nouvelle offensive mais comme l'ouvrage ne faisait pas encore parti du fond documentaire déjà énorme de la Jérusalem des Terres Froides, rien de probant ne pouvait être fait. Maintenant que ce titre fait partie du fond grâce à Histoireebook.com (que l'auteur de ces lignes remercie au passage), Charles Tremblay peut à présent répliquer contre la « tête de chameau » qui résume toute la qabale à « de la magie noire satanique ».

La JTF ne disposait pas du travail de Novak mais qu'à cela ne tienne, elle avait trouvé d'autres sources pour en savoir davantage. Avant d'être allé visiter le site de livres dernièrement, l'auteur de ces lignes avait retrouvé plusieurs capsules-Youtube où M.Novak est en entrevue pour son travail avec Jacques Halbronn. Il y a même une vidéo qui traite spécifiquement de comment son livre fut reçu dans le public et ce que lui en pense en tant qu'auteur. Déjà là, il y en a suffisamment pour que l'ancien ami de L. James en prenne plein la gueule, avec une nouvelle illustration éloquente du double-standard qu'il utilise lorsqu'il embarque dans son zozotérisme guénolâtre anti-sataniques.

Les lecteurs sont invités à regarder cette vidéo de Charles Novak avec Jacques Halbronn. D'abord, nous remarquerons que M.Novak est de confession juive, il porte la kippa et il se déclare sioniste. En temps normal, Laïbi dirait qu'il s'agit là d'une personne en qui on ne peut absolument pas avoir confiance, étant donné qu'elle pratique « la fourberie du Talmud envers les goyim ». Mais, comme ça lui permet de « décoller » une nouvelle fois avec ses histoires de « sorcellerie des élites », alors là apparemment selon Laïbi on peut faire confiance et même s'y baser pour se construire tout un échafaudage de « loges de magie noire dans l'Histoire ». Toujours ce double-standard. Comme avec Aleister Crowley, alors qu'en temps normal, « Llp » nous dit que les massmédias, c'est de la merde, mais dans le cas de l'Anglais alors non, là on peut tout « pomper » des massmédias sans problème. Comme avec Sylvie Simon qui serait en temps normal une « flowerisée saTÂNique » mais comme il y a eu coopération pour des sujets de santé, alors là elle est blanchie du « crime des crimes ». Comme avec ce jeu où « Est-ce que les faits ont une quelconque importance à un moment donné ou pas du tout ? » quand ça va à son avantage mais « limites de la raison positivisto-matérialiste » quand ces même faits sont contre lui. Sur cette constatation, l'auteur de ces lignes ne croit pas que Guénon et Evola auraient pu supporter cet individu s'ils l'avaient rencontré de leur vivant et encore moins le considérer comme crédible sur tout ce qui touche de près ou de loin à la Tradition.

Dans la vidéo proposée de Novak avec Halbronn, ce dernier lui demande ses impressions sur la réception de son livre dans le public. Bien qu'il ne le nomme pas, on peut saisir facilement que c'est de Salim Laïbi qu'il parle lorsqu'il mentionne les récupérations paranoïaques de son travail. Novak donne son impression mais évite de personnaliser le débat, à la différence du lieutenant de Soral. Remarquons ici que bien qu'il s'appuit essentiellement sur lui pour se construire son discours « frankiste », votre serviteur est convaincu que Salim Laïbi considère en savoir davantage sur la qabale et le « frankisme » que son « maître » Novak. Le tout-premier piège de l'ésotérisme est le gonflement de l'égo et pardonnez le québécisme mais Laïbi « est tombé dedans pas à peu près ».

À présent voilà, le bouquin est dans le fond documentaire de la JTF et peut être consulté à loisir. Dès les premières pages, l'hypothèse de base à savoir que le « frankisme » sert de prétexte pour un nouvel enfumage « illuminati » trouve confirmation. À la page 12, il est dit qu'il existe très peu d'études sur le sujet, ce que Salim Laïbi a vu immédiatement comme un avantage : quelque chose de trouble temporellement car pas facile d'approche et juste assez éloigné pour être exotique aux Occidentaux, c'est l'idéal car personne ne viendra le contrecarrer avec des précisions historiques invalidantes, les spécialistes n'étant pas assez nombreux. Ce qui est écrit à la page 14 est pratiquement de la manne pour l'arrache-dents guénonien :

Il est donc malaisé de s'attaquer à un tel sujet, parce qu'on risque soi-même, en tant que chercheur ou lecteur, de sombrer dans la théorie du complot dans la mesure où la rareté des sources pourrait elle-même accréditer l’existence d’un groupe occulte, qui préparerait un « complot ».

Lorsque les yeux de Laïbi sont arrivés à « rareté des sources », là il a trouvé sa solution pour redémarrer ses conférences anti-sorcellerie. Novak ne s'en doutait peut-être pas lorsqu'il a écrit ces quelques lignes mais il offrait « clé en main » au « Llp » une toute nouvelle série de conférences. Cette « rareté des sources » lui permet de rester hors de portée et pouvoir ainsi se lancer dans les diatribes les plus déchaînés comme par exemple Freud « le magicien noir maçon frankiste-de-la-pire-espèce », tel qu'on peut l'entendre dans la vidéo La médiocrité paradoxale d'Onfray. Avec la « rareté des sources », le « bon docteur » a compris qu'il n'aurait pas à invoquer « les limites de la raison positivisto-matérialiste » trop souvent. Votre serviteur comprenait déjà intuitivement la manoeuvre avant d'avoir à disposition l'ouvrage et il se voit confirmé dès l'avertissement d'introduction. Qu'à cela ne tienne, même en se cachant derrière le flou de son étiquette « frankiste », Salim Laïbi reste très vulnérable aux assauts de « debunking » contre son discours de « sorcellerie des élites ». Ce qu'il pense être à l'heure actuelle un bouclier va forcément, tôt ou tard, se retourner contre lui.

À part cette ouverture, il y a une autre raison pour laquelle Salim Laïbi s'accroche tant à ce livre de Novak. Vous remarquerez que lorsqu'il parle de « qabale », dans ses vidéos ou en conférence, c'est toujours pour en parler d'une manière négative. Sitôt le mot « qabale » prononcé, « saTÂNisme », « dégénéré » et surtout « magie noire » suivent toujours après. Même dans sa réponse aux vidéos de Laurent James, Laïbi parle du « kabbaliste Antonin Artaud » et bien sûr, le « kabbaliste » ici est pour préciser qu'Artaud n'est pas recommandable pour le « docteur kabyle ». Qu'est-ce qu'il a fait de si grave, l'homme de théâtre, pour être affublé ainsi du qualificatif qui mène inévitablement « au plus profond des enfers » ? Il s'est amusé à permuter des lettres hébraïques dans un texte (temurah) ? Il a créé de nouveaux acronymes (notarikon) ? Il a donné des valeurs numériques à ces lettres pour se faire des jeux de philosophie mathématique à partir des mots (guematrie) ? Il a tracé quelque chose qui ressemble vaguement à un talisman à partir de lettres hébraïques et de formes géométriques ? Il a pratiqué des évocations goétiques à partir d'obscurs noms hébraïques calculés mathématiquement ou pire, obtenus à l'aide d'un pendule ? Là où votre serviteur veut en venir, c'est qu'avec ses histoires de « frankisme » et de « qabale magie noire satanique », le but de Salim Laïbi n'est pas une dénonciation d'élites corrompus et mortifères, son but est de faire en sorte que personne ne s'intéresse à la dimension mystique du judaïsme, ce qui en est son coeur véritable et qui est radicalement incompatible avec des idéologies comme le sionisme et le mondialisme. Les « sorciers juifs sionistes d'Israël » utilisent eux-aussi des guematrie et font eux-aussi dans les évocations goétiques ? La faute n'en revient pas à la qabale mais à son détournement par des gens spirituellement aveuglés, comme ces gens qui tuent au nom de Jésus. L'auteur de ces lignes n'a pas écouté toutes les vidéos de Laïbi, il n'a pas tout lu son oeuvre écrite mais il n'empêche que jamais, au grand jamais il n'a entendu Laïbi utiliser le mot « qabale » dans un sens qui ne serait pas radicalement néfaste. Position qui n'est même pas celle de René Guénon si l'on s'en fit à son texte Le coeur du monde dans la Kabbale hébraïque.
 
Puisque René Guénon et qabale viennent d'être mentionnés ensemble et comme Laïbi considère Guénon comme la plus haute autorité ésotérique qui soit, la Jérusalem des Terres Froides a sorti de son fond documentaire son René Guénon Index - Bibliographie (André Désilets, Presses de l'Université Laval, 1977) qu'il avait déjà mentionné à l'article Une leçon d'histoire avec Marion Sigaut. À la page 37, nous avons « Cabbale » avec des références à six ouvrages. Les voici :

L'homme et son devenir selon le Védânta, Paris, Bossard, 1925, p.107
Aperçus sur l'initiation, Paris, Éditions traditionnelles, 1967, p.62, 260
Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, Paris, Éditions traditionnelles, 1968, tome 1, p. 40
Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, Paris, Éditions traditionnelles, 1968, tome 2, p. 137
Formes traditionnelles et cycles cosmiques, Paris, Gallimard, 1970, p.61-104, 108, 153
Comptes rendus, Paris,  Éditions traditionnelles, 1973, p.22, 150, 151

Maintenant il suffit d'aller jeter un coup d'oeil (avec les téléchargements de PDFs, c'est si facile) pour voir si ce que dit René Guénon de la qabale correspond aux histoires de « magie noire » du dentiste marseillais... Faites attention cependant aux numérisations dont la pagination n'est pas conforme à l'original papier.

---

Après tout ce qui vient d'être écrit, votre serviteur résumerait ainsi : le soralisme est en guerre contre le coeur de judaïsme, à savoir non pas le Talmud mais bien toute forme de mystique juive. Or, le pire ennemi du sionisme, dans sa forme juive et religieuse, c'est précisément ces mystiques juives ramenées ici sous le vocable de « qabale ». Donc en s'attaquant ainsi systématiquement à la qabale, le soralisme fait oeuvre utile pour les sionistes, dans ce jeu de dupe de la prétendue « dissidence » dont les deux principales têtes de l'hydre sont Alain Bonnet « de Soral » et Dieudonné M'Bala M'Bala.

Cette histoire de « guerre contre la magie » du soralisme a été évoqué ici à quelques reprises, notamment à la fin du troisième Coup de gueule, à fin des « pédo-Templiers » et aux deux-tiers de la Réponse à deux correspondants sur le soralisme. Bien qu'il s'agisse d'une très longue citation de plus de quatre paragraphes, voici ce qui avait écrit à la Réponse :

Étant toujours dans le spirituel, depuis Albert Pike jusqu’au Vaudou, je terminerai sur cette question de qabale qu’aborde André. Je ne me rappelle pas avoir entendu Soral parler directement de « qabale » comme arme de « l’élite satanique », il me semble que c’est plutôt le genre de Ploncard, ça. Ceci dit, je me rappelle qu’à la fin d’une vidéo mensuelle, peut-être à une de ses rubriques « l’antisémite du mois », il avait parlé de financiers juifs de Wall-Street qui regardent des colonnes des chiffres et il s’était exprimé « mais c’est qabalistique, ça, de tout résumer à des nombres ! » ou quelque chose de ce genre-là (il faudrait que je fouille pour retrouver cette citation mais me retaper les anciennes vidéos mensuelles me rebute fortement). Je me souviens de cette exclamation car je m’étais dit à ce moment-là : « Pauvre crétin de Soral, tu confonds l’ensemble de cette mystique juive appelée qabale avec la vieille pratique ésotérique de la guématrie ». La guématrie, souvent confondue pour la qabale elle-même, est une pratique qui consiste à jouer avec les nombres pour trouver de nouveaux liens de réflexion et des nouveaux niveaux de lecture plus « subtils » (à défaut d’un meilleur terme). Entre autre, une de ses techniques consiste à donner des valeurs numériques aux lettres d’un alphabet pour ensuite « calculer » la valeur des mots et trouver de nouvelles correspondances pouvant amener une réflexion mystique. Un exemple classique dans la langue hébraïque est le mot « Amour » qui a une valeur de 13, le mot « Unité » qui a également une valeur de 13 et le tétragramme qui forme le mot « Yahvé », qui a une valeur de 26 si on fait la somme des valeurs numériques des lettres. Donc on dira que « Amour » et « Unité » se rejoignent car ils ont la même valeur numérique et que l’un plus l’autre donne le dieu unique (13 + 13 = 26). 

Notez bien que la guématrie n’est pas l’apanage des seuls Juifs qabalistes. Ce jeu numérologique s’est également pratiqué chez les Héllènes avec l’alphabet grec et en Inde avec l’alphabet sanskrit. Cela s’est fait également chez les Musulmans avec l’alphabet arabe, mais il faut dire que celui-ci a de nombreuses parentés avec l’alphabet hébraïque. Sur l’alphabet arabe, si je me souviens bien, dans l’édition française du Traité de l’amour d’Ibn Arabi paru chez Albin Michel dans sa collection de poche Spiritualités vivantes, en toute première page, vous avez un tableau des lettres arabes avec une valeur numérique les accompagnants.

Les valeurs numériques de la guématria, comme de nombreux autres symboles tirés de la qabale, peuvent servir pour l’élaboration de talismans ou autres pratiques magiques mais il ne faut pas la réduire à de strictes pratiques occultes. Me lancer dans une description de ce qu’est la qabale est un peu trop périlleux pour l’instant mais disons pour l’heure qu’elle est une mystique juive née dans les environs du 13ième siècle de notre ère, avec des éléments qui lui sont de beaucoup antérieurs, pour renouveler la compréhension de la Torah a un moment où de nombreuses autorités juives avaient l’impression d’avoir fait « le tour de la question ». 
Il ne faut pas réduire la qabale à des pratiques occultes mais à celui qui, en Occident, s’intéresse à la magie, devra passer par la qabale et je trouve que Jean-Luc Caradeau explique très bien pourquoi. Mon hypothèse, qui est peut-être (sûrement) très bête mais qui peut quand même apporter quelques observations pertinentes, c’est que Soral s’acharne contre les Juifs pour les gens évitent de s’intéresser à ce qu’un Lon Milo Duquette appelerait « Qabalah for the Rest of Us » ou encore « Chicken qabalah », pour que les gens d’Occident se détournent du « système théorique (magique) le plus pratique pour eux », et ainsi les garder en état de zombis soumis. Soral n’est pas le seul dans cette stratégie, elle rejoint celle des forces catholiques et/ou musulmanes les plus réactionnaires, qui n’ont pas intérêt elles non plus à ce que la population cherche à rejoindre Dieu par elle-même, sans passer par la médiation des autorités religieuses. Je pense que c’est là qu’on retrouve les « pédo-Templiers » de Marion Sigaut.

Très étendu comme citation et c'est encore pire car il s'agit d'une auto-citation mais voilà, elle reste pertinente et s'insère très bien à ce point ci l'article. La guerre menée contre l'ésotérisme sous toutes ses formes par le soralisme est une constante. Nous avons Farida « la goule » qui a repris le « Freud occultiste-à-tables-tournantes » et nous avons ici un sous-fifre soralien de « l'ateliE&R » qui tente de résumer l'ensemble de la magie à du MK-Ultra et du « mind control ». Cela n'est guère surprenant considérant le retournement catholique du grand chauve mais reprenons précisément ce qui est en jeu. L'intérêt premier des plus hautes instances du soralisme, c'est de s'assurer que les gens soient dans un état dépressif constant (dépression de tristesse ou dépression agressive), dans un état d'inquiétude et d'impuissance afin qu'ils soient les plus malléables possible pour qu'ils puissent leur rapporter un maximum d'oseille. Dans ce même article qui vient d'être longuement cité, l'auteur de ces lignes rajoutait à Frédéric :

(...) lire Le pouvoir de l’instant présent et prendre le temps d’assimiler ce qui y est écrit, c’est du très sérieux. Et cette insistance sur « le silence du mental » ne peut m’empêcher de remarquer que chez E&R, c’est tout l’inverse : on vous bombarde d’informations menaçantes afin d’empêcher de vous tout recul, afin que vous ayez toujours l'impression d'être "acculé au mur", sans issue. Avec cette série de vidéos quotidiennes sur l’actualité et les articles écrits, tous tendancieux dans le sens voulu par la maison, il y en a assez pour emballer le mental gravement et pendant longtemps, bien longtemps après la visite du site…

Dans une réponse privée, le correspondant de votre serviteur agréait avec lui. Qui plus est, ce stress de « faire dans l'urgence », d'en mettre le plus possible sur les crimes contre les enfants (« qui traverse les siècles et que les gens « d'en-haut » ne peuvent arrêter » dixit Marion Sigaut), avec cette « présence maléfique  perpétuelle des sorciers noirs frankistes » dans la culture, la psychothérapie, la musique, les films, les banques, nous sommes ici en pleine « magie noire » au sens où l'entendent justement les soraliens. Car susciter volontairement un univers macabre pour profiter d'une situation déjà pas facile et ainsi pouvoir exploiter et vassaliser son prochain sans vergogne en lui insérant cette vision glauque dans son imaginaire, c'est une forme bien réelle de magie et elle ne va pas dans le bon sens. Ce qui est reproché aux « vidéoclips saTÂNiques » et aux journaleux de massmédias, Égalité et Réconciliation l'applique avec ferveur. Et on peut y ajouter les souhaits de mort déguisés sous forme d'humour comme il a été expliqué ici à l'article L'humour mortifère des soraliens. Que ces gogos soraliens catho se souviennent de l'expression « la puissance du Verbe », il y a une réalité certaine derrière celle-ci. À ce dernier propos de cette sorcellerie maléfique véritable que sont  les « ferme ta gueule physiquement à tout jamais », il semble même que le gros Laïbi ait compris le piège. Dans sa réponse maladroite à Laurent James, sur le sujet de Léon Bloy et de l'islam, il lui spécifie : « ferme-là à tout jamais sur ce sujet précis ».

La sorcellerie soralienne : Laïbi jouit à traiter les autres de « saTÂNistes » mais s'il y réfléchissait deux minutes, notre dentiste guéno-blédard se rendrait compte qu'il pratique énormément la magie noire et plus spécifiquement les évocations démoniaques (au sens entendu par les mythologies chrétienne et musulmane). Car lorsqu'il traite quelqu'un de « saTÂNique », que fait-il ? Il nomme l'entité des mythologies chrétienne et musulmane appelé « Satan », ce qui fait qu'il l'évoque, il lui donne une réalité dans notre monde matériel et l'associe à la personne visée pour que cette chose fasse partie de son identité jusqu'à la fin de ses jours (ou plutôt, pour toujours car on parle ici de damnation éternelle). Les gens pourront dire ce qu'ils voudront, nous sommes ici en plein cas de magie noire et qu'à ce compte, le dentiste anti-moderne est infiniment davantage un sorcier noir que Jean-Paul Bourre, Léon Bloy ou votre serviteur. Nous avons un exemple de l'effet magique des évocations pratiquées par le soralisme à cette page où un chanteur avait commis des actes inacceptables contre des enfants mais que l'équipe soralienne avait ajouté le qualificatif « sataniste » pour exciter la frange religieuse zozotérique de ses lecteurs, où il s'en est suivi des appels au meurtre et à la torture franchement terrifiants.

Le coeur de la sorcellerie soralienne : L'auteur de ces lignes invite les lecteurs à écouter cette entrevue de l'alchimiste Patrick Burensteinas à Bob vous dit toute la vérité. Écoutez-bien à 4:04 lorsqu'il dit qu'il faut retrouver la faculté d'émerveillement malgré les discours ambiants des « vous aller tous mourir, les barbares qui sont à vos portes, les maladies affreuses ». Or, le soralisme participe de plein pied dans le catastrophisme médiatique et travaille activement à empêcher l'éveil de la faculté d'émerveillement. À l'exception des produits vendus par la maison, tout à Égalité et Réconciliation se résume à ce climat apocalytique millénariste 2.0 qui déteint sur le psychisme de ses sympathisants. N'est-ce pas là ce qu'il y a de pire comme magie noire que de bloquer l'accès des individus au divin ? Il a été donné ici la quatrième minute de cette entrevue mais à l'écoute attentive des 52 minutes, il est évident que cette histoire de retrouver la faculté d'émerveillement à l'encontre du discours catastrophiste dominant est l'ensemble de tout le propos de M.Burensteinas. Écoutez ce qu'il dit de 18:54 jusqu'à 20:20 constatez par vous-même ce dont le soralisme tente de vous priver. La zombification soralienne est une réelle sorcellerie satanique.

Écoutez également ce propos du clairvoyant Christophe Allain lorsqu'il parle à partir de 1:30 de la tendance à placer l'autorité à extérieur pour se nourrir et de la télévision qui a un impact « créateur » sur la psyché. Vous remarquerez qu'ici, E&R joue le même rôle de cette télévision.

Finalement, pour terminer ce long texte sur un renversement positif, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides invite les lecteurs à écouter une dernière entrevue, encore une fois à Bob vous dit toute la vérité. Écoutez bien Yannick Le Cam qui vous propose de revoir votre vie et de la redéfinir dans le sens que vous l'entendez dans votre for intérieur. Il s'agit là d'une forme bien concrète de magie et l'organisation soralienne a tout avantage en ce que vous ne sachiez rien, d'où la reductio ad satanicus systématique de toute forme d'ésotérisme.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire