samedi 12 avril 2014

Charlie Chaplin : « la Russie communiste est l'ultime ligne de défense de la démocratie »

Un article qui tient sur une seule page (p.63) trouvé dans une revue Historia. En temps normal, cette publication est férocement mondialiste mais il y a à l'occasion quelques petites choses qui peuvent être intéressantes. Nous avons ici les vraies raisons pour lesquelles Charles Chaplin avait dû quitter les USA en 1952. Remarquez que cela provient du numéro de mai 2001, c'est-à-dire quelques mois avant le 11 septembre fatidique. La censure politique est devenue si intense dans les massmédias occidentaux depuis le « 911 » qu'il est maintenant impensable de retrouver ce même article dans une édition 2014 de la même revue.

---Chaplin l'hérétique---


En 1942, le père de Charlot affirme que « la Russie communiste est l'ultime ligne de défense de la démocratie ». Une petite phrase qu'on lui fera payer après guerre...

Avec ses faux airs de naïfs ballotté par la vie, qui trouve rarement la fortune mais toujours l'amour, Charlot est dans les années 1930, le clochard le plus célèbre du monde. Lui qui ne peut faire une apparition dans un film - Charlot policeman, Charlot l'émigrant, Une vie de chien, Charlot soldat - sans déclencher une succession de catastrophes, est considéré comme le grain de sable dans une machine américaine bien huilée, un perturbateur. Tout comme l'est son « père », Charlie Chaplin. Mais pour d'autres raisons. Politiques celles-là. Car derrière le Charlot comique et poète se cache le Chaplin homme de convictions qui, au travers de ses oeuvres, entend dénoncer les dangers qui menacent l'humanité. Après avoir tourné Les temps modernes (1936), satire de la société industrielle, Chaplin prend pour la première fois ses distances avec Hollywood, envisageant même de réaliser un film en Union Soviétique. 

En cette même année 1936, il ne cache pas non plus sa sympathie pour la cause des républicains espagnols. La montée du fascisme l'inquiète, et c'est pour combattre l'immobilisme ambiant aux Etats-Unis qu'il entreprend de tourner Le Dictateur (1939-1940) dans lequel il caricature Hitler. Un film qui dérange à Hollywood où l'on ne veut surtout pas perdre le marché allemand. La presse fustige le perturbateur. Les organisations nazies américaines le menacent de mort.

Dès l'entrée en guerre des Etats-Unis, Chaplin s'attire à nouveau les foudres du monde politique et de la presse. Alors qu'on s'interroge pour savoir si les Etats-Unis doivent ouvrir un nouveau front en Europe quand ils ont fort à faire dans le Pacifique, Chaplin ne se pose même pas la question. Lors d'un meeting organisé le 22 juillet 1942 au Madison Square Garden de New York, il lance : « Sur les champs de bataille de Russie, la démocratie survivra ou mourra. Le destin des nations est entre les mains des communistes. [...] Si la Russie était battue, nous serions dans une situation désespérée. » Pour les anticommunistes, Chaplin a choisi son camp. Il n'est pas politiquement correct d'affirmer que « la Russie communiste est l'ultime ligne de défense de la démocratie. » On va le lui faire payer.

En 1947, lors de la conférence de presse qu'il tient devant des journalistes hostiles, à l'occasion de son dernier film Monsieur Verdoux, Chaplin est conscient de l'animosité qu'il suscite. Il prend les devants : « Allez-y, commencez votre boucherie ! » Les journalistes ne se font pas prier : « Pourquoi n'êtes-vous pas citoyen américain ? Est-il exact que vous avez quelques sympathies pour la Russie ? Etes-vous bolchevik ? Pourquoi avez-vous demandé pendant la guerre l'ouverture d'un second front ? Etes-vous sympathisant communiste ? » Etrange conférence de presse qui prend des allures d'interrogatoire de police. Chaplin répond avec l'ironie qui le caractérise : « Je ne pense pas qu'il faille diviser les gens en catégories selon leurs opinions. Cela conduit au fascisme. Pour ma part, je n'appartiens à aucun parti politique. La vie est devenue vraiment trop technique et chacun ne devrait plus se déplacer sans un guide des convenances en poche. Car il suffit maintenant que l'on descende un trottoir du pied gauche pour qu'on vous dise communiste... »

Dès lors, le divorce entre Chaplin et Hollywood est consommé. Il se montre très acide à l'égard de l'industrie qu'il considère en perdition : « Moi, Charlie Chaplin, je déclare qu'Hollywood agonise. Il n'a plus rien à voir avec le cinéma qui est supposé être un art. [...] » Robert Taylor le taxe d' « individu dangereux, qui se prend pour un expert financier et militaire, alors qu'il n'a jamais été qu'un embusqué ».

En 1949, sachant qu'il doit être convoqué par l'HUAC, Chaplin envoie un télégramme à J. Parnell Thomas : « J'apprends par la publicité que vous l'intention de me convoquer en septembre 1949 devant votre commission. On dit que vous voulez me demander si je suis communiste. [...] Puisque vous tenez à le savoir, je ne suis pas communiste. Je suis seulement un fauteur de paix. » De plus en plus isolé, Chaplin quitte les Etats-Unis pour la Suisse en septembre 1952. Ce n'est que vingt ans plus tard qu'il retournera à Hollywood pour recevoir un Oscar d'honneur. Tardive reconnaissance !

vendredi 11 avril 2014

Le Vaudou est-il une religion ?

Pour faire changement, après la suite d'articles sur Peaches Geldof, la Jérusalem des Terres Froides installe une nouvelle entrée à son libellé Vaudou. À sa rubrique personnalisée « Vaudou » des Google Actualités, il est rapporté un petit article de Bonzouti où le statut de « religion » de celui-ci est remis en cause par des houngans haïtiens. Votre serviteur ne pouvait pas passer à côté.


---Le Vaudou : religion ou... ?---
 

Par Pierre-Paul Ancion
Paru sur Bonzouti
Le 7 avril 2014


NATURE, est le mot qui qualifie la nature du vaudou, selon le hougan, propriétaire du rara ‘’Kiyè bwa’’ de De Montreuil, banlieu de Jacmel, Evens Lozin.

Dans un entretien avec leMatin, et Bonzouti.com, à la fin du mois de mars écoulé (2006), sur l’importance du Rara dans le traditionnel haïtien, le prêtre vaudou Lozin Evens s’est dit étonné d’entendre certains parler de religion en parlant du vaudou.

‘’Le vaudou n’est pas une religion, par ce qu’elle n’a pas un fondateur... un prophète, un lieu de pénitence, ni un livre sacré. Il est ultimement préférable et juste d’en parler de Nature. Les dix livres de l’ancien testament contiennent une partie du vaudou, nous disons…une partie, car cette Nature ne se révèle jamais totalement au grand public. Que vous soyez frères mystiques, hougans d’une même famille, kanzo(initiés) du même lakou, chacun de vous a une connaissance personnelle qui lui est révélée par les entités de cette Nature, que l’autre à coté ignore…’’’ a indiqué M. Lozin

‘’Les fidèles d’habitudes….pour ne pas dire toujours, cherchent, choisissent, et se livrent à une religion, mais c’est le vaudou qui, lui choisit ses fidèles. N’avez vous jamais entendu quelqu’un dire : qu’il est ‘’réclamé’’ par les loas de son côté paternel ?. Le vaudou est la matrice de toutes les religions du monde, il a été créé par DIEU, et est la première manifestation de la volonté de l’Eternité divine, ultime, infinie et sublime .Ses adeptes sont de véritables chercheurs. Ils quêtent continuellement la réalité des valeurs…’’ a avancé le responsable du rara ‘’kiyè bwa’’

Le vaudou est hostile au Mal…

Le hougan Lozin, a dénoncé ceux qu’il appelle ‘’Bòkò’’.

‘’Ce ne sont pas des vaudouisants ces créatures, par ce que le vaudou en soit condamne le Mal dans tous ses aspects. Il faut que les vrais pratiquants commencent à prendre du recul face à ces Hommes, ces serviteurs de Satan, ces usurpateurs de titre…L’heure est à la Vérité…pour un épanouissement divin du vaudou…’’ dixit M. Lozin.

Rara : Rythme, famille, expression

Le hougan Sébanto Mentor, de son coté, a souligné l’importance socio-économique du rara.

‘’Le rara retrace la passion du Christ, mais surtout les manifestations de joie engendrée chez certains par l’arrestation de celui-ci. Nous venons de revivre l’histoire de Baabas en Haïti à l’époque ou le kidnapping régnait en seigneur et maitre à Cité Soleil. Les habitants de ce bidonville cachaient les bandits par ce que, comme l’a fait Baabas, ceux-ci partageaient avec eux les butins. Baabas était un voleur d’une réputation redoutable, ceux qui réclamaient la cruxifiction de Jésus le Christ étaient ses protégés…’’a commenté M. Sébanto.

Commentaire rejeté par le hougan Evens Lozin. Ce dernier a expliqué que le rara a pris naissance dans le cacicat du Xaragua, fief de la reine Anacaona, reine célèbre pour sa beauté, sa poésie, sa démocratie, et surtout pour son charme envoutant. A l’époque le rara ne se jouait pas avec du tambour, mais seulement avec cinq bambous, les danseurs tapaient de leurs pieds le sol, d’où son nom d’alors : Shaopiei, mot indien qui signifiait la danse du pied. On a a pris du temps…beaucoup de temps, avant d’intégrer les deux tambours dans le rara…’’ a indiqué monsieur Lozin

Le Rara, sa hierarchie, ses esprits…

‘’La pyramide mystique du Rara est constituée de Mèt Kalfou, à la base, suivie de Mèt Grand Bwa et ses deux reines, de Zaka l’agriculteur, puis vient Bawon Simityè et sa suite etc.

Famille du panthéon vaudouesque, le Rara est dirigé, dominé par les Dahomey, composés essentiellement d’esprits positifs ou du moins neutres, les plus puissants. Le Rara a une couleur : le rouge couleur du sang donc de la vie, sa boisson est le tafia et la nourriture préférée de ses esprits le cabrit…’’ a relaté M. Lozin interrogé par l’équipe ’’Causerie du dimanche’’

Le rara tend à disparaître, selon le hougan David Dannis, propriétaire du rara Tèt Ansanm, à cause du déboisement effréné que connaît le pays depuis plusieurs décennies.

‘’L’esprit protecteur du rara est Grand Bwa, comme son nom l’indique il habite les bois, mais en détruisant les forêts nous affaiblissons cet esprit, faiblesses qui rejailliront forcément sur le vaudou, le pays, le rara…’ dixit David Dannis.

Ce dernier a aussi critiqué les paysans haïtiens, l’état et les vaudouisants de négliger remarquablement l’effritement de certaines valeurs fondamentales d’Haïti.


Pierre-Paul Ancion
(Texte ayant déjà été publié dans ls colonnes du journal Le Matin en 2006)

jeudi 10 avril 2014

La dernière reprise d'une connerie massmédiatique contre Peaches Geldof et Aleister Crowley

À moins d'un coup de théâtre, ou quelque chose de vraiment important, significatif, ceci est le dernier article qui sera repris par la Jérusalem des Terres Froides sur les calomnies massmédiatiques contre Peaches Geldof et Aleister Crowley suite au décès de mademoiselle lundi dernier. Il ressemble beaucoup au dernier cas relevé chez Cosmopolitan Staragora, avec la précision « chiffre du diable », la traduction de « wickedest » en « démoniaque » et le reste de la ritournelle habituelle. Cela amuse toujours un peu votre serviteur lorsqu'un massmédia parle de « magie noire » alors qu'en temps normal, son discours est « Ces choses-là n'existent pas », spécialement quand il n'y a pas d'exemple pour étayer l'affirmation comme dans le cas présent.


---Mort de Peaches Geldof : Wild child à la dérive, d'obscurs cultes à la rescousse---


Paru sur Pure People
Le 9 avril 2014

Au lendemain du décès brutal de Peaches Geldof, socialite anglaise de 25 ans et maman de deux enfants, retrouvée morte à son domicile de Wrotham dans le Kent, l'heure est toujours au choc et à l'incompréhension. Qualifiée d'"inexpliquée" et de "soudaine" par la police locale qui a assuré n'avoir trouvé ni traces de drogues ni lettre d'adieu, la violente disparition de la fille du musicien star Bob Geldof et de la défunte Paula Yates suscite en effet de nombreuses questions, laissées, pour le moment, sans réponse.

En attendant les résultats de l'autopsie qui détermineront les causes officielles de sa mort, plusieurs éléments commencent à faire surface dans la presse anglophone qui met en exergue un passé relativement mouvementé. Perturbée par le divorce, en 1996, de ses parents puis par la mort en 2000 de sa mère (la présentatrice télé est décédée d'une overdose d'héroïne), Peaches Geldof ne s'est jamais cachée d'une certaine instabilité inhérente à une enfance en dents de scie. Tête brûlée et incarnation même du "wild child" (ou "enfant sauvage" en français), la jeune femme s'est en effet cherchée pendant longtemps mais semblait avoir fini par se trouver.

C'est en tout cas ce qu'elle confiait récemment au magazine Mother & Baby dans lequel elle assurait que la maternité (elle était maman d'Astala (2 ans) et de Phaedra (bientôt 1 an), issus de son mariage avec Thomas Cohen), l'avait révélée à elle-même. Mais si Peaches Geldof renvoyait l'image de la jeune maman comblée par ses deux bébés, elle n'en cultivait pas moins une certaine part d'ombre et de mystère, pour le moins inquiétante pour ses proches.

Scientologue

En 2009, la it-girl n'avait ainsi pas hésité à dévoiler face caméra dans une interview pour la chaîne ITV2 avoir rejoint le culte très fermé de la scientologie. "Je suis scientologue depuis un moment maintenant, avait-elle lâché à la stupéfaction de son hôte. Autant que je sois limpide à ce sujet. C'est une chose avec laquelle je suis entièrement d'accord. C'est difficile à expliquer. Je pense que j'étais perdue et je ne savais pas quel chemin choisir, j'avais besoin d'un chemin spirituel. J'y ai beaucoup réfléchi et je me suis intéressée à différentes choses. Avant, je n'avais foi en rien et il m'a toujours manqué ce quelque chose. Au final, il s'agit juste de faire de nous des meilleures personnes. (...) Il s'agit juste d'avancer étape par étape, travailler avec les autres pour faire en sorte de devenir une personne calme et ça m'a vraiment aidée en ce sens. De très bons amis à moi sont scientologues."

La Grande Bête

C'est ainsi, sans ciller, que la jeune femme abordait ouvertement ce tabou, sa quête de repères qui l'a donc conduite à rejoindre les rangs de la controversée scientologie. Mais récemment, Peaches Geldof s'était visiblement tournée vers un autre culte obscur, répondant au nom d'OTO (Ordo Templi Orientis). Trois semaines seulement avant sa mort, la journaliste et ex-mannequin avait en effet publié une photo des étagères de sa bibliothèque, remplis des travaux d'un certain Aleister Crowley, gourou occulte mort en 1947 à l'origine d'un sombre courant basé notamment sur le libre-arbitre mais mêlé à de curieuses histoires de rituels de magie noire. De son vivant, Aleister Crowley, réputé pour ses addictions aux drogues dures ainsi que pour ses tendances sexuelles déviantes, n'hésitait pas s'auto-nommer ''The Great Beast, 666" ou "La Grande Bête, 666" (chiffre du diable).

L'intérêt de Peaches Geldof pour cet homme décrit en son temps comme "le plus démoniaque" n'a pas manqué de troubler ses proches, inquiets que la jeune femme adule un tel personnage. À commencer par Jeanne Marine, la compagne de Bob Geldof qui avait fait part de sa réserve, espérant qu'il ne s'agissait que d'une lubie passagère. Sauf qu'il y a peu, Peaches Geldof s'était carrément fait tatouer sur l'avant-bras droit l'acronyme OTO, entouré d'un coeur. Un culte qu'elle avait visiblement profondément ancré dans la peau. Ce mal-être mental ne se confinait pas justement qu'à l'esprit : ces dernières années, Peaches Geldof avait en effet développé une obsession infernale pour son poids, ne s'alimentant plus quasiment que de jus de légumes...

La connerie massmédiatique contre Peaches Geldof et Aleister Crowley se poursuit

Après l'article grotesque de Catherine Delvaux du quotidien belge 7 sur 7 sur Peaches Geldof et le « culte libertin », en voici un autre du même genre par le Cosmopolitan Staragora. Mais là au moins il n'y a aucun nom de journalope pour signer le torchon. Pour la cause, rappelons que Crowley n'a jamais été surnommé « le plus démoniaque » mais qu'un journal massmédiatique l'avait qualifié de « wickedest man in the world » (pas de référence chrétienne au « démon »). De fait, cette merde veut tellement faire dans le sensasionnalisme satanique qu'elle va même jusqu'à préciser « chiffre du diable » à 666 (et ce n'est même le « chiffre du diable » dans l'Apocalypse mais « le nombre de la Bête », ce qui n'est pas la même chose). Crowley a eu des problèmes de drogue mais c'était à une époque où votre très respectable médecin pouvait vous prescrire de l'opium (comme par exemple, dans le cas qui nous concerne, pour l'asthme). Quand aux « orgies sous héroïne et opium », votre serviteur se demande combien parmi les célébrités dont parle et glorifie le Cosmopolitan Staragora ont fait la même chose. Certainement quelques uns parmi les rock stars et le vedettariat d'Hollywood, et ils n'ont pas été qualifiés de « démoniaques » pour autant. Il y a toutes les chances même qu'ils aient fait bien pire car Crowley pouvait garder plusieurs mois d'abstinence tant qu'il gardait à portée de main sa dose d'urgence.

Il est dit ici comme dans d'autres articles du même genre que Peaches Geldof « a fait partie de l'O.T.O. », sans autre preuve que quelques lignes de la mademoiselle extrapolées sur le ouèbe et un tatouage sur son bras. Si ces journalopes nous donnaient quelques éléments plus probants, du genre que la jeune femme se tenait avec telle personne, fréquentait tel club ou mieux, un document signé, alors là oui, on pourrait déclarer ouvertement comme le fait le Cosmopolitan Staragora que « Peaches Geldof faisait partie de l'O.T.O. » (laquelle ? L'O.T.O. « califal » de Portland, Oregon ? Le « Typhonian O.T.O. » de Kenneth Grant ? Une reprise « sauvage » de l'O.T.O. ?). Mais pour l'heure, nous sommes justifiés de considérer que notre concerné fait encore dans la désinformation.

Une dernière mention pour souligner l'intelligence du propos du seul commentateur jusqu'à présent à s'être exprimé dans le forum qui accompagne l'article, « Zadig94 » :

25 ans c'est jeune pour une fin de vie. Il semble qu'il y est beaucoup de malêtre chez cette jeune femme. Mais visiblement on ne la laissait pas vivre sa spiritualité. Ce qui est curieux c'est que ce qu'on lui reproche -la scientologie ou l'OTO- sont exactement les choses qui semblait la rendre heureuse. Cherchez l'erreur.


---Mort de Peaches Geldof : Le mannequin était scientologue et une passionnée d'occultisme ?---

Le 9 avril 2014

Peaches Geldof a été une membre de la Scientologie et admirait Aleister Crowley, un écrivain et occultiste britannique qu'elle défendait corps et âme. 

Peaches Geldof est décédée ce lundi 7 avril et depuis, on en apprend un peu plus sur qui était cette jeune femme. Il semblerait qu'elle était totalement égarée et fragile. La jeune femme ne s'acceptait pas physiquement, elle suivait un régime drastique car il lui arrivait de se trouver grosse pourtant Peaches Geldof était très maigre. Mais plus grave encore, la journaliste et mannequin était fascinée par un culte obscur et a rejoint la Scientologie.

Au cours d'une interview accordée à ITV2 en 2009, Peaches Geldof disait avoir été totalement perdue durant une période et avouait avoir trouvé de l'aide parmi les Scientologues, elle expliquait alors : "Je suis scientologue depuis un moment maintenant. Autant que je sois limpide à ce sujet. C'est une chose avec laquelle je suis entièrement d'accord. C'est difficile à expliquer. Je pense que j'étais perdue et je ne savais pas quel chemin choisir, j'avais besoin d'un chemin spirituel. J'y ai beaucoup réfléchi et je me suis intéressée à différentes choses. Avant, je n'avais foi en rien et il m'a toujours manqué ce quelque chose. Au final, il s'agit juste de faire de nous des meilleures personnes. (...) Il s'agit juste d'avancer étape par étape, travailler avec les autres pour faire en sorte de devenir une personne calme et ça m'a vraiment aidée en ce sens. De très bons amis à moi sont scientologues."

Une admiration pour Aleister Crowley, la Grande Bête 666

Après la scientologie, Peaches Geldof a rejoint un culte obscur, le Ordo Templi Orientis. La journaliste et mannequin avait posté une photo de sa bibliothèque remplie de livres d'Aleister Crowley, un gourou occulte accro aux drogues dures et connu pour ses tendances sexuelles déviantes, il pratiquait par exemple des orgies sous héroïne et opium. Aleister Crowley est décédé en 1947,  il est aussi connu pour ses rituels de magie noire, se faisait appeler "La Grande Bête 666" (chiffre du diable) et était décrit de son vivant comme étant "le plus démoniaque".

Les proches de Peaches Geldof étaient très inquiets de l’intérêt que la jeune femme portait pour Aleister Crowley et notamment Jeanne Marine, celle qui partageait la vie de son père mais elle pensait que ça lui passerait. Peaches Geldof sans doute très admirative de l'Ordo Templi Orientis s'était même fait tatouer OTO entouré d'un cœur sur l'avant-bras et défendait Aleister Cowley en dépit de tous. "La presse n'a raconté que des mensonges à son sujet. Il n'était ni sataniste, ni nazi, ni raciste, simplement subversif. Son travail au sein de l'OTO a fait des miracles, c'était un bel auteur et penseur, ainsi qu'un médecin magique" affirmait t-elle.

Un article surprenant sur Peaches Geldof et Aleister Crowley

Surprenant ! Un article issu des massmédias à propos du décès de Peaches Geldof qui ne fait pas dans le Crowley-bashing, la chronique Dark Zone du Paris Match. Une telle curiosité ne pouvait pas être laissé de côté par la Jérusalem des Terres Froides. La chronique se présente ainsi :

Dark Zone n’a d’autre ambition que de collecter ces incidents étranges qui passent presque toujours à travers les mailles trop larges du filet de l'actualité. Qu’ils soient authentiques ou non importe peu. Ils constituent une part précieuse du folklore contemporain, nourrissent les mythes souterrains de notre modernité et dessinent une Zone Obscure qu'il n'est pas interdit d'arpenter...

 ---Peaches Geldof et Aleister Crowley. Le mage et la it girl---
 
 
Par David Ramasseul
Pour la chronique Dark Zone du Paris Match
Le 10 avril 2014
Rajout d'un hyperlien par la Jérusalem des Terres Froides


Le Daily Mail dévoile une facette étrange de la vie de Peaches Geldof : sa fascination pour un personnage légendaire de l’occultisme du début du XXe siècle, Aleister Crowley. La jeune femme, dont le décès est toujours inexpliqué, s’était prise de passion pour le mage, personnage excentrique et attachant malgré le parfum de souffre et scandale qui, des années après sa mort en 1947, continue de l’entourer.


« C’était un magnifique écrivain et penseur » avait-elle tweeté après avoir lu « Magick », l’un de ses livres les plus connus et l’un des rares traduits en français.

Il y développe sa célèbre formule « Fais ce que tu veux sera le tout de la loi », librement inspiré du « fais ce que voudras » de Rabelais, devise de l’utopique abbaye de Thélème dans Gargantua. D’ailleurs, c’est ainsi qu’il baptisa la ferme qu’il avait achetée en Sicile dans les années 20 pour y accueillir ses disciples. 

Il y pratiquait et y enseignait la magie sexuelle, pratique à ses yeux un peu plus passionnante que la divination par les osselets. Mais suffisamment tapageuse pour susciter les foudres de Mussolini qui le déclara persona non grata en Italie. Gourou, dandy, anarchiste, philosophe, dépravé, astrologue, poète, alpiniste, drogué, initié, alcoolique… … Il est impossible de résumer la vie, ou plutôt les vies d’Alistair Crowley, autoproclamé « Bête de l’Apocalypse 666 », souvenir de son père qui horrifié par ses bêtises l’avait surnommé enfant « The Beast ».

Né en 1875 dans une famille protestante, il abjura sa foi chrétienne à l’adolescence et se plongea dans la littérature hermétique, alchimique et magique. Il fût initié dans les principales sociétés occultes d’une époque qui n’en manquait pas et laissa dans chacune d’elle une empreinte indélébile. Personnage très public malgré son goût des sociétés secrètes, un journal anglais l’avait surnommé « l’homme le plus pervers qui ait jamais vécu ». Vraies ou fausses, les histoires les plus ahurissantes circulent sur son compte. Accusé à tort de sympathie pour le nazisme, on raconte qu’il a été enrôlé par les services secrets britanniques pour combattre « magiquement » Hitler. La cérémonie qu’il aurait organisée en 1940 serait la cause de la défection de Rudolf Hess, toujours sujette à controverse à ce jour. Et certains assurent qu’il aurait imaginé le V de la victoire popularisé par la BBC et brandi par Churchill.

Personnage provocateur et complexe, c’était aussi à sa manière, un véritable mystique -beaucoup de ses disciples l’ont confirmé- et un écrivain de talent comme le disait Peaches Geldfof. La jeune femme a été séduite au point de s’être fait tatouer OTO, acronyme d’Ordo Templi Orientis, l’une des sociétés secrètes dont il a été le membre le plus influent.

 
Le tatouage sur l'avant bras de Peaches, OTO, pour Templi Orientis.

A l’instar de Peaches, des dizaines de milliers de personnes de par le monde se disent encore ses adeptes. Avec son Livre des Ombres, co-écrit avec Gerald Brosseau Gardner, il est considéré comme l’inspirateur du Wicca, la sorcellerie New Age en plein essor aux Etats-Unis. Les Beatles (Crowley figure sur la pochette de « Sergent Pepper Lonely Heart »), Frank Zappa, Jimmy Page et Timothy Leary n’ont jamais caché leur admiration pour le mage.

L’intérêt de Peaches Geldof pour Aleistair Crowley n’est donc pas la marque d’un esprit déséquilibré comme le suggère déjà la presse anglaise mais plutôt le signe d’une intelligence curieuse. Et assez anticonformiste.

David Ramasseul

mercredi 9 avril 2014

Nouvelle connerie massmédiatique contre Peaches Geldof

Nous avons ici un article d'une journalope belge qui reprend les mêmes conneries sur Peaches Geldof que ses « collègues » anglophones, à un tel point qu'on peut se demander si elle n'a pas tout simplement pigé parmi parmi les articles qui ont été présentés à titre d'exemple dans notre série-maison Aleister Crowley, Peaches Geldof et « l'élite satanique »  (1, 2 et 3). Votre serviteur s'est exprimé sur ce qui signifie réellement l'expression « Ordo Templi Orientis » (dont Crowley n'est pas le fondateur, l'O.T.O. historique a été fondé par Theodor Reuss). Pour ce qui est des « moeurs sexuelles déviantes », considérant ce que fait déjà l'ensemble des massmédias auxquelles travaille madame Delvaux pour la déviation et la commercialisation des moeurs sexuelles, l'auteur de ces lignes se demande réellement ce qu'une journalope peut bien avoir en tête lorsqu'elle utilise une telle expression. Reste Ron Hubbard et son histoire personnelle avec la magie qui n'avait pas encore été abordé par la Jérusalem des Terres Froides.

Votre serviteur savait déjà que les protestants évangéliques intégristes états-uniens font tout pour associer Hubbard à Crowley. Il a constaté que cette mouvance arrive en France lorsqu'il a vu les commentaires accompagnant la page d'Égalité et Réconciliation qui reprend la révélation du Réseau Voltaire sur la « démarche dianétique » de Yatseniouk l'Ukrainien. Les gogos zozotériques soraliens y vont des trucs les plus abracadabrants comme « Hubbard disciple personnel de Crowley », affirmation sans fondement mais qu'il est toujours de bon ton pour se dire « anti-satanique » au sein de la « dissidence » (sans compter que dès qu'il s'agit du spirituel, c'est facile, cette « dissidence » n'a jamais à se justifier par des faits). Rappelons que l'écrivain de science-fiction avait été pendant un temps le compagnon de Jack Parsons, scientifique états-unien de renom et grand dévôt pour tout ce qui relève de l'ésotérisme, de la magie et de l'alchimie. C'est en compagnie de Parsons qu'Hubbard a fait ses expériences occultes, pas avec Crowley. Même qu'apparemment, Crowley aurait écrit dans une lettre que Parsons montrait tous les signes de quelqu'un qui se fait faire une arnaque caractérisée (Hubbard s'est sauvé avec l'argent, le bateau et la femme de Parsons).

Contrairement aux zozotériques soraliens qui prétendent tout savoir, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides reconnaît qu'il ne s'y connaît pas beaucoup sur la question d'Hubbard/Parsons et qu'il a été prit de court par le décès soudain de la jeune Peaches. Il y a Édouard Brasey qui raconte cette histoire dans son Enquête sur l'existence des anges rebelles (J'ai Lu, p.305-316) mais il faut toujours rester très prudent avec cet auteur car il est sensationnaliste et très naïf (comme quand il prend pour argent comptant les récits d' « Amado »). Il existe un livre portant sur Jack Parsons, Sex and Rockets : The Occult World of Jack Parsons (Feral House, USA, 2005), qui contient probablement des informations intéressantes mais il ne fait pas partie du fond documentaire de la JTF. Il est dit que Parsons et Hubbard ont pratiqués des rites magiques en compagnie de l'artiste Marjorie Cameron, et il existe un livre abordant ce sujet : Wormwood Star : The Magickal Life of Majorie Cameron (Mandrake, 2011). Là aussi, il doit y avoir quelques éléments pertinents, bien qu'il manque également au fond pourtant imposant de la documentation de la JTF.

Un point peut toujours être éclairci ici, à savoir que non, la Scientologie n'est pas un dérivé de la Thelema de Crowley (tout embrigadement sectaire vous empêchera la réalisation du Grand Oeuvre alchimique). Il faut comprendre que lorsque Hubbard s'est lancé dans le business spirituel, il n'a pas fondé une église dite « de scientologie », il a lancé sur le marché une sorte de psychothérapie auto-administrée, la dianétique, présentée comme « la science du mental ». Elle était basée sur des concepts de psychologie comme les « engrammes » et c'est sa prétention scientifique qui a valu à son auteur ses démêlés avec l'association des psychiatres états-uniens. Pour se mettre hors de portée, il s'est protégé en se déclarant religion, et c'est là qu'est apparu l' « Église de Scientologie ». Si Hubbard avait lancé sa « science du mental » en se basant sur la magie de Crowley et Parsons, il n'aurait jamais eu de problèmes avec la psychiatrie états-unienne. Et dans le symbolisme et la Weltanshauung de la Golden Dawn et de Crowley, il n'y a rien qui puisse correspondre aux histoires de « tétans » (opérants ou non), de l'humanité qui descendrait des palourdes, de désintoxications à base exclusivement de saunas et de vitamines et d'empereur galactique du nom de Xenu ayant balancé les excédents de population de son empire dans les volcans d'Hawaï...


---La fascination de Peaches Geldof pour un culte libertin---

Paru sur 7 sur 7
Le 9 avril 2014 



Scientologue convaincue, la jeune femme de 25 ans s'était également rapprochée d'une secte mystérieuse et libertine avant sa mort. Une fascination pour l'occulte qui inquiétait sa famille.

Peaches Geldof avait confirmé en 2009 son appartenance à l'Église de Scientologie, rappelle le site de Pure People. "Je pense que j'étais perdue et je ne savais pas quel chemin choisir, j'avais besoin d'un chemin spirituel. J'y ai beaucoup réfléchi et je me suis intéressée à différentes choses. Avant, je n'avais foi en rien et il m'a toujours manqué ce quelque chose. Au final, il s'agit juste de faire de nous des meilleures personnes", expliquait la it-girl britannique, retrouvée morte lundi après-midi. Un décès soudain et toujours inexpliqué en attendant les résultats de l'autopsie.

Il y a trois semaines, la jeune femme de 25 ans avait posté sur Instagram une photo de sa bibliothèque, remplie d'ouvrages écrits par un certain Aleister Crowley, un personnage très controversé qui se surnommait lui-même "La Grande Bête 666", mort en 1947. Fondateur du culte Ordo Templi Orientis, il est surtout connu pour sa forte consommation de drogues et ses moeurs sexuelles déviantes. La passion de Peaches pour ce "bel auteur et penseur" était telle qu'elle avait fait tatouer les initiales OTO dans un coeur sur son avant-bras.

En réponse aux critiques des internautes suite à la publication de sa photo le 16 mars, Peaches avait pris la défense du gourou libertin, dont la légende raconte qu'il buvait du sang et organisait des orgies sous opium et héroïne. "La presse n'a raconté que des mensonges à son sujet. Il n'était ni sataniste, ni nazi, ni raciste, simplement subversif. Son travail au sein de l'OTO a fait des miracles, c'était un bel auteur et penseur, ainsi qu'un médecin magique."

mardi 8 avril 2014

Le décès de Peaches Geldof et Aleister Crowley : la suite

La Jérusalem des Terres Froides continue de suivre le fil de presse concernant le décès prématuré de Peaches Geldof. Étant donné que la dame s'était intéressée à plusieurs courants religieux et/ou spirituels dont religion juive, la secte scientologique et le mouvement magique d'Aleister Crowley, les journalopes massmédiatiques ne pouvaient manquer ce genre de titre sensationnaliste qui fait vendre de la copie. C'était déjà profitable de son vivant mais jamais autant que maintenant, alors que la cause du décès soudain n'a toujours pas été établie.

Harriet Arkell de la publication anglaise Dailymail s'y lance avec un article dont le sous-titre est : How Peaches was obsessed with the occult and spiritual study. Bien sûr, presstitution oblige, l'essentiel du propos est merdique, truffé d'amalgames, d'exagérations et de rumeurs non-fondées mais malgré tout, il y a un petit fond de vérité qui a amené le responsable de la Jérusalem des Terres Froides à reproduire l'article ici (pour en savoir davantage de façon plus sérieuse, voir Peaches Geldof, Aleister Crowley et l' « élite satanique », ou encore les Deux ressources sur l'Ordo Templi Orientis). Nous remarquerons le choix des photos de Crowley, sélectionnées délibérément pour le faire paraître le plus mal possible.

On nous dit dans cet article qu'il y a trois semaines, la fille de Bob avait publié sur le ouèbe la photo de deux tablettes remplies de livres de Crowley, Ce qui n'est pas tout-à-fait exact : il y a également sur ces book shelves des classiques de mythologie (dont le Rameau d'or de Frazier), une version hébraïque de l'Ancien Testament (TaNaK), les quatre livres de la Philosophie occulte d'Henri-Corneille Agrippa (dans leur adaptation en anglais par Donald Tyson chez Llewellyn) et même une Holy Bible. À la vue de la photo, il semble plutôt que l'intérêt de Peaches pour le « Mega Therion » en soit un parmi tant d'autres, donc de là à dire qu'elle était « obsédée », il faudrait relativiser. De toutes façons, pour l'avoir constaté directement à l'époque où il travaillait à la Librairie Nouvel-Âge, des tablettes pleines de livres ésotériques ne veulent rien dire du tout : il suffit qu'elle ait l'argent nécessaire pour qu'ils se retrouvent dans sa bibliothèque. Là où il serait intéressant de savoir, c'est si la dame tenait un « journal magique », comme le recommandait Crowley, tel qu'expliqué par James Wasserman dans son Aleister Crowley and the practice of the magical diary. Si Peaches Geldof s'était attelée à cette tâche, alors là oui, on pourrait effectivement parler d'une démarche magique, d'une implication dans quelque chose qui ressemble à la Golden Dawn, l'Astrum Argentinum ou à l'Ordo Templi Orientis. Autrement, on reste dans le « gossip » sans fondement des massmédias, des islamo-chrétiens obsédés par le « satanisme » et des zozotériques à gogo.


---From Scientology to libertine cult Ordo Templi Orientis (OTO): How Peaches was obsessed with the occult and spiritual study---


Par Harriet Arkell
Paru sur le site du Dailymail
Le 8 avril 2014

  • Peaches was devotee of religious cult led by occultist Aleister Crowley
  • She had sect's acronym, OTO, tattooed onto her right arm in a heart shape
  • Three weeks ago she tweeted picture of shelves filled with Crowley's works
  • He wrote The Life Of A Drug Fiend and Magick, In Theory And Practice
  • Peaches defended Crowley to a detractor, calling him a 'beautiful thinker'
  • The 25-year-old's family were worried by her interest in the mysterious sect

While Peaches Geldof appeared to have beaten her drug demons, her continuing fascination with the occult, and particularly a mysterious religious cult called OTO, worried her family.

Just three weeks ago Peaches, 25, tweeted a picture of bookshelves groaning with works by Aleister Crowley, the British founder of the Ordo Templi Orientis (OTO).

She also posted a photograph of Crowley's book, Magick - In Theory And Practice, praising him as a 'beautiful writer and thinker'.

Her interest in OTO ran alongside previous fascinations with the Scientology cult, and Judaism, the religion of her husband, Thomas Cohen.


OTO devotee: Peaches Geldof was a follower of the teachings of Aleister Crowley and his religious cult
 Peaches had OTO, short for Ordo Templi Orientis, tattooed onto her right arm 
Celebrity devotee: Peaches Geldof was a fan of Ordo Templi Orientis and had OTO tattooed onto her right arm


Groaning bookshelves: Three weeks ago Peaches posted this photo showing copies of Crowley's books

Groaning bookshelves: Three weeks ago Peaches posted this photo showing copies of Crowley's books


Peaches also posted a photograph of this book on the occult by OTO leader, Aleister Crowley
Crowley, who died in 1947, founded the Thelema religion, whose central tenet was 'Do what thou wilt'





















Aleister Crowley, who died in 1947, wrote books about the occult and called himself 'The Great Beast, 666'


Crowley, who styled himself as 'the Great Beast, 666' and was dubbed 'the wickedest man in the world', revelled in sadomasochistic sex rituals with men and women, and the use of hard drugs including opium, cocaine, heroin and mescalin.

Peaches, who had 'OTO' tattooed in a heart on her right arm, is said to have become interested in the occultist's religious theory during her short-lived marriage to musician Max Drummey when she was 19.  At the same time, she also pursued an interest in Scientology after talking to actress Katie Holmes, then married to Scientologist Tom Cruise.

She was said to have visited Scientology centres in Los Angeles and New York, before losing interest in the cult.  More recently, Peaches, whose husband, Thomas Cohen is Jewish, developed an interest in Judaism.


While the marriage to Drummey failed, Peaches' interest in Crowley's teachings persisted, and she has previously urged her online followers to read his 'super interesting' books, an interest that worried her family.

Last year her father's girlfriend, actress Jeanne Marine, said of Peaches' interest in the cult: 'You don’t know if it’s something that will pass or if it’s longer than that. The thing is, young people, they change their minds a lot.' 
 
She said neither she nor Bob Geldof knew anything about the cult, but said the fact that Peaches had tattooed its name onto her skin indicated that her interest in it might be more than a passing fad. 
 
OTO was said to have been brought to Britain from Europe in the early 20th century by Crowley, an infamous occultist and drug addict. 
 
Crowley, who was said to have filed his teeth into fangs, was rumoured to drink blood and stage drug-fuelled orgies, and was widely criticised for being 'in revolt against the moral and religious values of his time'.
 
Aleister Crowley founded the religion of Thelema, around which the Ordo Templis Orientis was organised
Aleister Crowley founded the religion of Thelema, around which the Ordo Templis Orientis was organised 

He founded the religion of Thelema, which was based around the idea of free will, and reorganised the OTO's teachings around the same principles.

One of his books, The Diary Of A Drug Fiend, was among those pictured on Peaches' bookshelf.

Crowley's followers, however, say he was a highly influential thinker and writer in the field of western esotericism and counter-culture, and in 2002 the BBC ranked him 73rd in their list of the greatest Britons of all time.

On 16 March, Peaches posted a picture of Crowley's Magick book alongside the slogan 'Do what thou wilt', a central tenet of the philosophical law of Thelema, upon which the thinkings of the OTO were based.

When one follower asked her if Crowley, who died in 1947, was a satanist, Peaches replied saying: 'No, it has nothing to do with Christian ideas like satan or Jesus at all.'

And when others made references to his less appealing traits, she leapt to his defence, saying: 'All the stuff about him being a Nazi sympathiser and a racist was lies made up by the press who hated him.

'He would also just say controversial stuff purely to subvert people's perceptions of him in the media.  If you read any of his work, he makes this abundantly clear.

'His work within the OTO was nothing short [of] miraculous and he was a beautiful writer and thinker too, as well as magical practitioner.'

 
Crowley called himself 'Supreme and Holy King of Ireland and all the Britains within the Sanctuary of the Gnosis'
Crowley called himself 'Supreme and Holy King of Ireland and all the Britains within the Sanctuary of the Gnosis'

Crowley, pictured in ceremonial garb, liked to call himself 'The Wild Beast, 666' lived from 1875-1947
Crowley, pictured in ceremonial garb, liked to call himself 'The Wild Beast, 666' lived from 1875-1947

Other celebrities linked to OTO include the rapper Jay-Z, who has been seen wearing a t-shirt bearing the slogan 'Do what thou wilt', and Led Zeppelin guitarist, Jimmy Page.

Last year the head of OTO in Britain, John Bonner, 63, told the Mail that its followers here numbered hundreds rather than thousands.

He said: 'We are used to being misunderstood. Many stories about Crowley, like people saying he filed his teeth down into fangs, are nonsense.

'You could call us a sex cult in a way, because we recognise, accept and adore the whole process which goes towards making tangible the previously intangible.' 

Devotees of OTO say it can take years of study to understand the religion, something Mr Bonner, who lives in Sussex, acknowledged. 

He said: 'You’re not supposed to just jump straight in to it. It takes time and study, but our rituals are not for public consumption. You need to join us and go through the initiation process before you can begin to understand.

'But according to our beliefs we can’t turn anyone away. So if you are over 18, are passably sane and are free to attend initiations, then you have an undeniable right of membership.'

 
Harriet Arkell

lundi 7 avril 2014

Le décès malheureux et imprévu de la « très satanique » Peaches Geldof

En temps normal, la Jérusalem des Terres Froides n'aurait jamais osé faire dans le « people », ce culte religieux des vedettes massmédiatiques. Mais aujourd'hui, le responsable de la JTF a appris une nouvelle qui le prend par surprise. Il s'agit du décès prématuré d'une personne qui a eu droit ici à trois articles, Peaches Geldof. La malheureuse serait décédée d'une surdose de stupéfiants à l'âge de 25 ans, une véritable tragédie (encore qu'au moment où ces lignes sont écrites, la cause exacte du décès n'a pas été identifiée). Bien sûr, toute la vermine des zozotériques soraliens, Salim Laïbi et Laurent Glauzy en tête, hurleront « magie noire ! », « choc en retour ! », « sacrifice illuminati  ! », « satanisme ! » et autres conneries du même acabit. D'ailleurs, votre serviteur n'avait pas ouvert son ordinateur depuis 48 heures et lorsqu'il a regardé les statistiques de fréquentation, il a vu les articles Peaches Geldof, Aleister Crowley et « l'élite satanique » (1, 2 et 3) atteindre des nombres de visites vraiment très impressionnants.

La JTF reprend ci-dessous l'annonce du décès de la fille de Bob par Page Six mais on n'y retrouve pas grand'chose sur l'intérêt porté pour Aleister Crowley. Il est dit qu'elle était « obsessed » pour les écrits du natif de Lemington Spa mais évidemment, cette merde massmédiatique ne donne pas sa source. Il est donc facile pour elle d'en rajouter et d'aller jusqu'à dire que la blonde anglaise était « obsédée », c'est le genre de sensationnalisme que les tabloïds raffolent et les zozotériques soraliens savoureront comme du petit lait (eux qui prennent toujours pour argent comptant ce qui dans les massmédias honnis fait leur affaire, suivant un double-standard bien connu du Marseillais arrache-dents).

Pour finir, l'auteur de ces lignes ajoutera qu'il a déjà songé démonter (en anglais : « debunk ») les imbécilités proférées par Laurent Glauzy sur Aleister Crowley. Il est relativement facile d'en démontrer la fausseté, l'absurdité et la facticité mais Charles Tremblay avait envie de passer à autre chose qu'à une forme directe ou indirecte de Soral-bashing. Ceci dit, dépendamment de comment les choses évolueront, il y reviendra  peut-être, encore qu'en citant Bill Schnoebelen, l'homme qui dit avoir été un vampire véritable, Glauzy « se peint lui-même dans le coin », il s'enfonce tout seul sans avoir à y être poussé. Quand aux causes du décès de mademoiselle Geldof, il y a toutes les chances que ce soit comme il arrive souvent aux très riches « jet-setters » : elle avait assez d'argent pour s'acheter toute la drogue qu'elle voulait et probablement personne autour d'elle pour lui dire d'arrêter ou simplement de réduire la dose...

Rajout quelques heures plus tard :
Selon les dernières informations disponibles au moment où ces lignes sont écrites, il semble qu'on ait trouvé aucune preuve de drogue dure, ni note de suicide sur les lieux du décès et on parle de tests appliqués très prochainement (autopsie) pour déterminer la cause. Cependant, Lucy Carroll du Sydney Morning Herald souligne que Peaches avait quand même « les paris contre elle » (« ...the odds staked against her »). Finalement, la Jérusalem des Terres Froides va suivre plus attentivement cette affaire. Il y a beaucoup d'articles qui paraissent en ce moment, essentiellement des hommages et des condoléances. Ici-même, la fréquentation des articles sur Peaches et Crowley est toujours très importante et des records-maison ont été battus.


---Peaches Geldof dies at age 25---


Par Emily Smith et Bruce Golding
Paru sur Page Six
Le 7 avril 2014


Peaches Geldof dies at age 25
Peaches Geldof attends the F&F fashion show at Somerset House in London on April 3.
Photo: Fred Duval/Getty Image


Peaches Geldof, the “wild child” daughter of activist rocker Bob Geldof, was found dead at age 25 at her home in England on Monday — just a day after posting a photo of herself with her late mom, who died of an accidental overdose.

British cops said foul play wasn’t suspected in the stunning socialite’s “unexplained and sudden death,” and an autopsy was pending.

Her grief-stricken dad released an emotional statement saying: “Peaches has died. We are beyond pain. She was the wildest, funniest, cleverest, wittiest and the most bonkers of all of us.”

“Writing ‘was’ destroys me afresh. What a beautiful child. How is this possible that we will not see her again? How is that bearable?” he wrote.

The famed “Band Aid” and “Live Aid” organizer added: “We loved her and will cherish her forever. How sad that sentence is.”

Geldof also said that Peaches’ musician hubby, Tom Cohen, “and her sons Astala and Phaedra will always belong in our family, fractured so often, but never broken” — an apparent reference to the 2000 heroin death of ex-wife Paula Yates and the earlier suicide of her boyfriend, INXS singer Michael Hutchence.

The statement bore the names of Geldof, girlfriend Jeanne Marine, daughters Fifi Trixibelle and Pixie, and Yates’ daughter with Hutchence, Tiger Lily, who Geldof adopted. 

According to the BBC, Kent Police said cops went to Peaches’ secluded home in the village of Wrotham, about an hour southeast of London, at 1:35 p.m. British time “following a report of concern for the welfare of a woman.”

Peaches was declared dead at the scene by ambulance workers.

An avid user of Twitter and Instagram, she posted 10 photos and videos on Sunday, including a final tweet, “Me and my mum,” that linked to a shot of her as a bow-wearing toddler with Yates.

Peaches was only 11 when Yates died, and both she and those who knew her said she struggled to get over the loss.

“I remember the day my mother died, and it’s still hard to talk about it,” she told Elle Magazine in 2012.

“I just blocked it out….I didn’t grieve. I didn’t cry at her funeral. I couldn’t express anything because I was just numb to it all. I didn’t start grieving for my mother properly until I was maybe 16.”

Former publicist Ray Levine called her death “very, very sad.”

“Peaches has overcome a lot in her childhood, seemed to be getting her life together,” Levine told Sky News.

After making headlines with a series of scandalous antics, including posing topless and an alleged “heroin-fueled one-night stand” at Hollywood’s Scientology Center, Peaches claimed to have sobered up and settled down to raise her family.

“Yeah, I’ve taken drugs. Yes, I have had experiences, and a few of those experiences were unsavory, not ones I want to repeat, but I was growing up. I wanted the experience,” she told the Guardian in 2009.

Peaches was briefly married at age 19 to Max Drummey of the indie pop duo Chester French, who later said their Las Vegas wedding was “totally a publicity stunt.”

In 2012, she married Tom Cohen of the British art-rock band S.C.U.M in the same English church where her parents were married and her mom’s funeral was held. Their eldest son, Astala, who’s almost 2, was born three days before Yate’s April 24 birthday, while youngest son Phaedra was delivered by Caesarean section on Yates’s birthday last year.

“My beloved wife Peaches was adored by myself and her two sons Astala and Phaedra, and I shall bring them up with their mother in their hearts every day. We shall love her forever,” Cohen said in a statement.

According to a published report last year, Peaches was obsessed with the writings of notorious occultist Aleister Crowley — also known as “the Great Beast” — and had the initials of his Order of Oriental Templars cult tattooed inside a heart on her right forearm.

She also reportedly believed that her 1920s home was haunted by its first female resident, who drowned herself in a tub after birthing a stillborn baby.

Word of her death prompted an outpouring of sentiment on Twitter, with Boy George tweeting: “Poor sweet Peaches Geldof. We spoke only a month ago and she looked like an angel. This is truly sad. Poor Bob! R.I.P”

Singer Lily Allen wrote “My thoughts are with Peaches’ family at this awful time. I hope they get to grieve in peace. Peaches, rest in peace gorgeous girl,” and Sharon Osbourne tweeted: “Devastated about @peaches_g. Sending condolences & respect to the Geldof family. It’s unimaginable what they must be going through right now.”

samedi 5 avril 2014

Authentique sorcellerie des élites : la démocratie contre la paix

À la revue du libellé Authentique sorcellerie des élites de la Jérusalem des Terres Froides, on pourrait dire que celui-ci a été conçu spécialement pour Guillaume de Rouville dont la préoccupation première reste toujours la façon dont l'oligarchie bancaire atlantiste-sioniste acquiert l'adhésion des masses de l'Occident pour ses actions guerrières et impérialistes, comment elle opère sa « sorcellerie ». L'auteur utilise même l'expression « apprentis sorciers » en caractères gras à la conclusion de l'article qui est présenté ici aujourd'hui. Ce texte a paru dernièrement à la section des contributeurs des 7 du Québec (23 mars 2014) mais il date en réalité de juin 2012, bien qu'il garde toute sa pertinence presque deux ans plus tard.


---La démocratie contre la paix---


Par Guillaume de Rouville
Paru sur L'idiot du village et repris par Le Grand Soir et les 7 du Québec
Le 27 juin 2012


Les preuves de l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à des fins géopolitiques, notamment dans les conflits libyen et syrien, s’amoncellent, et pourtant l’opinion publique occidentale continue à soutenir l’idée que nos dirigeants défendent la démocratie contre la tyrannie dans ces régions du monde. L’Occident peut ainsi s’allier ouvertement avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, principaux pourvoyeurs de fonds aux mouvements terroristes islamistes dans le monde, leur fournir des armes, un appui logistique, des images satellites, des informations stratégiques et un soutien diplomatique sans faille, les opinions publiques refusent de voir la réalité en face et préfèrent penser que ces actions sont motivées par les valeurs démocratiques qui fondent nos sociétés.

Pour ces opinions publiques, mettre en avant le jeu pervers des Occidentaux en Orient ce n’est pas dire la vérité, c’est soutenir Assad ou Kadhafi et faire le jeu des dictatures. Ce n’est pas expliquer le monde tel qu’il fonctionne devant nos yeux avec ses complexités et ses manipulations, ses enjeux géopolitiques et les calculs cyniques de ses principaux acteurs, c’est prendre parti contre des mouvements démocratiques.

Quand les démocraties occidentales soutiennent et répandent la guerre et la terreur, comme en Libye ou en Syrie, avec les pires alliés que l’on puisse imaginer pour aller planter le drapeau de la démocratie en terres étrangères, ne faut-il pas être du côté de la paix et lutter contre les dérives de la démocratie occidentale au nom même des valeurs qu’elle est sensée représenter ? La paix n’est-elle pas un bien commun tout aussi important que cet autre bien commun qu’est la démocratie ? Quand la démocratie n’est qu’un prétexte pour des appétits prédateurs sans limite (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie), appétits qui se traduisent par des massacres de masse de populations civiles innocentes, quand la démocratie sert d’appât pour attraper un peuple à la gorge et le jeter dans un cycle de violences dont ne sortiront que la misère, le chaos et l’asservissement généralisés, ne faut-il pas prendre la défense de la paix contre la démocratie, quoiqu’il en coûte pour sa propre réputation ?

Car il ne s’agit évidemment pas de défendre des dictateurs (comme d’habiles rhéteurs aiment à le répéter), nos dirigeants le font très bien à notre place, aussi longtemps d’ailleurs que ces dictateurs financent leurs actions ou hochent de la tête au pillage des ressources naturelles de leur pays. Il s’agit de répondre au bourgeois cultivé (celui qui lit Le Monde, le Guardian ou le New York Times et croit y trouver une description de la réalité) vivant dans les beaux quartiers de Paris, de Londres ou de New York, qui ne comprend pas que l’on puisse s’horrifier des stratégies employées pour faire tomber un dictateur. Il n’a jamais eu à se battre pour la démocratie, il l’a reçue en héritage et on l’a gavé depuis sa plus jeune enfance avec des valeurs démocratiques qui sont pour lui plus une jouissance qu’un devoir ou une obligation. Pour se sentir un citoyen méritant il n’a qu’à se soumettre avec nonchalance à la société de consommation et du spectacle et à aller voter de temps à autre pour le bonimenteur le plus présentable. Il n’y a pas de mal à cela ; c’est ainsi que vont les choses en démocratie et nous ne revendiquons pas d’autre régime politique pour gouverner le troupeau de consommateurs que nous sommes.

Ce que nous souhaitons simplement souligner, c’est que les rentiers de la démocratie (dont nous faisons partie) n’ont aucun mérite particulier dans l’essor ni dans l’existence de la démocratie occidentale et de ses valeurs. Alors, quand sans aucune nuance, tel ou tel d’entre eux approuve des guerres qui apportent la ruine, la terreur et le chaos dans des pays non démocratiques, on a envie de lui dire, « va là -bas, va t’engager aux côtés des rebelles salafistes et va admirer les massacres, les haines ethno-religieuses s’élever sur le cadavre de la laïcité, va contempler les enfants se faire trancher la tête et dis-moi s’il faut nécessairement en passer par là pour mériter la démocratie » ? Car, apparemment, pour ces rentiers, pour ces enfants gâtés de la démocratie, il s’agit juste de la mériter, pas de l’avoir, ni d’en profiter.

Si seulement cette démocratie était la promesse du sang versé et des souffrances endurées, on pourrait, en effet, comprendre l’envie du bourgeois cultivé de clouer le bec aux diseurs de mauvaise fortune et autres trouble-fête ou rabat-joie qui prennent la démocratie trop au sérieux pour jouer avec elle. Mais elle n’est, comme on l’a dit, que le prétexte d’un jeu géopolitique où l’Occident s’est allié avec des islamistes radicaux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar pour détruire des États-nations laïques sur des bases ethno-religieuses afin, notamment, de contrer l’influence chinoise et russe et de s’assurer l’accès à un certain nombre de ressources naturelles. On ne bâtit pas la démocratie sur le sectarisme religieux, sur le démembrement des États-nations, en envahissant un pays, en ruinant son infrastructure, en y apportant le libéralisme le plus pur (comme en Irak et en Libye), en donnant le pouvoir aux légions wahhabites qui défendent un islam intolérant et moyenâgeux. C’est mensonger et criminel de le prétendre ou de feindre de l’ignorer. A la place de la démocratie nous avons installé des fosses communes dans lesquelles nous avons jeté pêle-mêle des civils innocents et le cadavre de la paix. 

Créer des guerres civiles dans des pays en paix : voila en un mot la responsabilité morale du bourgeois cultivé, rentier de la démocratie qui, dans le confort de ses certitudes sans conséquences pour lui, soutient l’impérialisme humanitaire de nos grands commis. Il y a beaucoup d’irresponsabilité et de morgue dans cette attitude qui consiste à soutenir la terreur wahhabite au nom des valeurs des Lumières et à faire de la démocratie occidentale un instrument de jouissance pour soi et de malheur pour les autres. 

Comment expliquer l’aveuglement volontaire des bourgeois cultivés qui forment la masse inerte de nos opinions publiques, celle dont l’élite se joue pour fabriquer le consentement général ?

Peut-être que l’explication se trouve dans ce que nous appelons « l’ambiguïté démocratique » ou le « paradoxe démocratique » : la démocratie est à la fois le meilleur régime et celui qui permet le mieux de faire la guerre au nom de la paix, de tuer au nom des droits de l’homme, de persécuter au nom de la liberté individuelle, de conquérir des pays au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il semble qu’il y ait un caractère orwellien inhérent à la démocratie, en raison de l’image de vertu qui lui colle à la peau et qui permet, sans forcer les gens, de leur faire accepter l’inacceptable. La domination d’une élite y est discrète, invisible, sans violence excessive. On peut limiter la répression à quelques individus, torturer essentiellement ceux qui n’ont pas la qualité de citoyens (10 000 Musulmans étrangers torturés pour un Bradley Manning). L’élite démocratique ne dépend pas d’un tyran identifiable dont il suffirait de couper la tête pour remettre en cause l’ordre établi. En démocratie, la domination d’une minorité semble être le résultat d’un consentement général que l’on appelle souveraineté du peuple. L’oligarchie parvient à vendre à l’opinion publique son credo libéral, la financiarisation de son économie qui tue ses emplois, des guerres d’agression qui ne profitent qu’à une minorité, des explications du monde qui ne résistent pas à l’examen critique (11-Septembre, guerre contre le terrorisme), etc. La démocratie semble ainsi être, entre les mains de nos élites, l’instrument le plus efficace qui leur permet de se maintenir au pouvoir et d’accomplir des politiques contraires à l’intérêt général au nom même de cet intérêt général. Comme nous l’exposons dans La Démocratie ambiguë (1) : le sentiment commun est que la démocratie est infaillible, que les dirigeants ne nous trompent pas, que les médias ne nous manipulent pas. Nous évacuons toute pensée contraire comme « théorie du complot’, absurde paranoïa d’illuminés du Web. Le simple questionnement de la version officielle est synonyme de folie.

Il est quasiment impossible de démontrer aux citoyens d’un régime démocratique que leur pays peut, dans telle ou telle situation, incarner le mal. Les citoyens vivant en démocratie ne parviennent pas à être soupçonneux de leurs dirigeants ; ils sont de candides consommateurs qui ne peuvent pas admettre que la démocratie puissent faire le mal, car, si elle le faisait, ils ne vivraient plus dans cette démocratie immaculée qu’on leur vend, ils devraient, par conséquent, douter de la nature du régime dans lequel ils vivent, et cela, ils en sont psychologiquement et moralement incapables. A force de leur répéter qu’ils vivent en démocratie on leur a ôté l’appareil critique qui leur permettrait de voir les limites de cette affirmation. 

L’esprit critique semble impuissant à renverser cette image trop flatteuse que nous avons de nos propres démocraties. Il faut avoir un esprit dissident, et pas seulement critique, pour ne pas se satisfaire de l’apparence démocratique et pour exiger que la chose corresponde au mot.

Ainsi, pour revenir sur le cas syrien, il est difficile pour la Russie ou la Chine de soutenir Bachar el-Assad car on assimile leur soutien à celui d’un régime dictatorial qui commet des crimes contre l’humanité. En revanche, et c’est là que le paradoxe apparaît, il est semble naturel et moral pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux de soutenir les légions wahhabites (qui commettent également des crimes contre l’humanité – 2), car étant des démocraties, les États-Unis et leurs alliés ne pourraient pas vouloir le mal. Qu’importe que l’Occident utilise la guerre comme moyen de domination (en Afrique et au Moyen-orient par exemple) et que la Russie et la Chine aient principalement recours au développement économique, la morale semble toujours du côté de la « démocratie’.

Souligner la complexité d’une situation et expliquer l’instrumentalisation de l’idéal démocratique par les élites occidentales, plutôt que de proposer une vision monolithique d’un conflit, c’est faire honneur aux valeurs démocratiques de discussions et de libre réflexion. Que ceux qui se posent des questions se fassent insulter et traiter d’auxiliaires des dictateurs par les bourgeois cultivés est certainement triste, mais ne doit pas les décourager de continuer à faire des efforts de compréhension et d’explication et à défendre la paix contre les fausses promesses des apprentis sorciers de la démocratie qui promeuvent, sur le mode orwellien, la paix éternelle par des guerres perpétuelles et les vertus démocratiques par des crimes de masse. 

Guillaume de Rouville

La guerre d'Israël contre les universités aux États-Unis

Pour commencer le mois d'avril 2014, la reprise d'un article du Centre de recherches sur la mondialisation sur la guerre mené par le sionisme israélien contre les militants propalestiniens sur les campus des universités états-uniennes. Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides avait déjà entendu parler de ces offensives dans les hauts-lieux académiques, notamment une tentative de Daniel Pipes il y a quelques années d'établir une liste noire des « indésirables » qui ne devraient plus travailler dans les institutions universitaires pour cause d' « antisémitisme ». L'article ci-dessous nous parle des dernières tactiques utilisées les tenants de l'hexagramme bleu, en coopération avec l'officine Anti-Defamation League (qui, suivant le principe de la dénégation, est en réalité The Defamation League).


---La guerre d'Israël contre les universités aux États-Unis---



Par Christopher Lynn Hedges
Paru sur le site de l'AURDIP et repris par Mondialisation.ca
Le 19 mars 2014


L’interdiction du groupe Étudiants pour la Justice en Palestine (SJP pour Students for Justice in Palestine) à l’université Northeastern de Boston le 7 mars, assortie d’une menace par l’université de mesures disciplinaires contre certains de ses membres, s’inscrit dans ces sanctions qui frappent de nombreux groupes d’étudiants qui défendent les droits des Palestiniens dans tout le pays. Les attaques, et les formes de sanctions similaires inquiétantes, semblent entrer dans un effort commun du gouvernement israélien et du lobby pro-Israël afin de mettre sur liste noire tous les groupes d’étudiants qui remettent en cause la version officielle israélienne.

Northeaster a interdit le SJP après la publication par le groupe, sur les copies du campus, d’avis d’expulsion qui sont méthodiquement remis aux maisons palestiniennes destinées à être démolies par les Israéliens. L’avis de suspension de l’université indique que si le SJP dépose un recours pour sa réintégration pour l’an prochain, « aucun membre actuel du bureau exécutif d’Étudiants pour la Justice en Palestine ne pourra siéger au conseil d’administration d’ouverture de la nouvelle organisation » et que les représentants de l’organisation devront suivre des « formations » autorisées par l’université.

En 2011, en Californie, dix étudiants qui avaient, à l’université d’Irvine, perturbé l’intervention de Michael Oren, alors ambassadeur israélien aux États-Unis, ont été déclarés coupables, placés en probation informelle et condamnés à des travaux communautaires. Oren, citoyen israélien qui, depuis, a été recruté par CNN comme collaborateur, a demandé au Congrès d’inscrire sur liste noire toutes celles et ceux qui participent à la campagne de boycotts, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël, et d’engager des poursuites contre celles et ceux qui manifestent dès qu’apparaissent des officiels israéliens. Quelques militants de l’université Florida Atlantic ont été exclus de leurs responsabilités à la direction des étudiants après être sortis en signe de protestation lors de l’allocution d’un officier de l’armée israélienne, et ils ont reçu l’ordre par la direction de l’université de participer à des séminaires de rééducation élaborés par la Ligue anti-diffamation (ADL pour Anti-Defamation League). Le groupe Étudiants pour la Justice en Palestine/Colombie (CSJP) a été brusquement suspendu au printemps 2011, et il a reçu l’interdiction de réserver des salles et d’organiser des initiatives sur le campus. L’administration de l’université, avant cette interdiction, avait l’habitude d’avertir le groupe Hillel du campus avant toute initiative du CSJP. La suspension a finalement été levée, après protestation des avocats du CSJP.

Max Geller, étudiant en droit et membre du SJP à Northeastern, que j’ai réussi à avoir au téléphone à Boston, a accusé l’université de céder à « des pressions extérieures », notamment celles d’un ancien élève, Robert Shillman, aujourd’hui PDG de la Cognex Corporation, et de l’investisseur milliardaire Seth Klarman, tous deux partisans de la droite israélienne.

« Interdire à des étudiants de tenir des fonctions de direction, de même que des groupes d’étudiants, simplement parce qu’ils sont engagés dans une manifestation politique pacifique, est contraire à la mission de l’université qui est d’instruire les étudiants, » a-t-il déclaré. « Cela retire toute la valeur pédagogique qu’un processus disciplinaire pourrait rechercher ».

« Dans la dernière année, » a poursuivi Geller, « j’ai reçu des menaces de mort, j’ai été publiquement et injustement calomnié, et menacé de mesures disciplinaires. Ceci pour m’être lancé à intervenir sur la question qui m’inquiète profondément, en tant que juif comme en tant qu’américain, d’une perspective qui me fait peur et m’angoisse. »

La réaction de force d’Israël contre ces organisations de campus est symptomatique de son isolement qui va croissant, et de sa préoccupation devant un soutien américain qui s’affaiblit. L’occupation et les confiscations de la terre palestinienne, depuis des décennies, ainsi que les agressions militaires massives contre une population sans défense dans la bande de Gaza, qui ont fait des centaines de morts, en plus d’une malnutrition qui va s’empirant chez les enfants palestiniens et d’une pauvreté qui s’aggrave, tout cela a écarté des sympathisants traditionnels d’Israël, et notamment de nombreux jeunes Américains de confession juive. Israël, dans le même temps, est devenu un paria dans la communauté mondiale. S’il devait perdre le soutien états-unien, qu’il achète pour une grande part avec les contributions d’une campagne politique passant par des organisations comme l’AIPAC (Comité américain pour les affaires publiques israéliennes), Israël irait à vau-l’eau. Il y a de plus en plus de banques et autres sociétés, spécialement dans l’Union européenne, qui rejoignent le mouvement de boycott, qui refusent de commercer avec les entreprises israéliennes dans les territoires occupés. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est exprimé devant l’AIPAC le 4 mars, et de façon étonnante, il a consacré une grande partie de son discours à attaquer le mouvement BDS naissant, et dont l’acronyme selon lui signifie, « Bigotry, Dishonesty and Shame » (fanatisme, malhonnêteté et honte). Il a demandé à ce que les sympathisants de BDS « soient traités exactement comme nous traitons n’importe quel antisémite et fanatique ». Il a mis en garde car des gens « naïfs et ignorants » sont recrutés comme « des compagnons de routes crédules » dans une campagne antisémite.

Les dirigeants israéliens tentent aussi apparemment d’infiltrer le mouvement BDS et se servent de subterfuges pour le relier à l’extrémisme islamique, selon le Times de Londres. Le gouvernement israélien fait pression dans le sens de projets de loi de censure, antidémocratiques, dans les instances législatives des États de New York, du Maryland et de l’Illinois, lois qui infligeraient des sanctions financières aux organisations universitaires qui boycottent les institutions israéliennes. Pendant ce temps, les États-Unis et d’autres, avec enthousiasme, imposent des sanctions à la Russie pour une occupation bien moins draconienne que le long mépris d’Israël pour le droit international.

Les classes d’endoctrinement de l’ADL pour les militants universitaires ne sont, d’après ceux qui ont été tenus de les suivre, que des tentatives pitoyables d’assimiler toute critique d’Israël à de l’antisémitisme.

« Moi et deux autres membres du SJP avons été contraints de participer aux cours de “formation à la diversité” sous le parrainage de l’ADL, à défaut nous aurions été accusés de violer les conditions de notre probation et de ce fait, nous aurions été suspendus et/ou expulsés, » a dit Nadine Aly, étudiante militante de Florida Atlantique qui, avec d’autres militants, a quitté, en signe de protestation, une conférence donnée à l’université par un officier de l’armée israélienne, le colonel Bentzi Gruber, lequel officier a contribué à l’élaboration des règles dans l’engagement pour l’opération Plomb durci, cette agression atroce contre Gaza fin 2008 début 2009. J’ai pu la contacter par téléphone sur le campus de Florida. « L’idée même que l’administration insinue que c’est raciste de critiquer la politique israélienne est ridicule. Nous avons été mis en “probation pour une durée indéterminée”, avec l’interdiction de remplir des fonctions de direction dans toutes les organisations d’étudiants reconnues, notamment au conseil des étudiants, à l’université, jusqu’à l’obtention de notre diplôme. J’ai été exclue de ma fonction de présidente du SJP, de même que de celle de sénatrice étudiant, et l’ancienne vice-présidente du SJP a perdu son poste de représentante de la Maison des étudiants. C’est une honte que cette université et beaucoup d’autres cèdent à la pression du lobby sioniste et de riches donateurs sionistes, quand elles devraient protéger les droits de leurs étudiants. »

La persécution d’universitaires, tels que Joseph Massad et Norman Finkelstein, qui remettent en cause la version israélienne officielle a longtemps été une caractéristique de l’intervention israélienne dans la vie universitaire américaine. Et l’empressement des présidents d’université à dénoncer l’Association des études américaines qui a appelé à un boycott universitaire d’Israël est une fenêtre ouverte sur la faim insatiable de l’argent qui semble mener la politique universitaire. L’effort actuel pour arrêter les groupes d’étudiants, cependant, porte la censure et les ingérences israéliennes traditionnelles à un autre niveau. Israël cherche maintenant à museler ouvertement la liberté d’expression sur les campus des facultés américaines – toutes celles où des groupes d’étudiants se sont résolument engagés dans des manifestations non violentes –, et il s’est assuré le concours d’élites libérales décadentes et d’administrateurs de facultés, comme une police de la pensée.

L’incapacité des universitaires à défendre le droit de ces groupes d’étudiants à exprimer des opinions dissidentes et à s’engager dans un militantisme politique montre à quel point la plupart des universitaires aujourd’hui sont devenus hors sujet. Où sont dans cette lutte les professeurs de morale, de religion et de philosophie rappelant aux étudiants le droit de tous à une vie digne, exempte d’oppression ? Où sont les professeurs d’études du Moyen-Orient expliquant les conséquences historiques de la confiscation violente par Israël de la terre palestinienne ? Où sont les professeurs de journalisme défendant le droit des dissidents et des victimes à une audience équitable dans la presse ? Où sont les professeurs d’études sur l’homosexualité et le sexisme, d’études afro-américaines, sur les Amérindiens ou les Chicanos, agissant pour protéger la voix et la dignité des marginalisés et des opprimés ?

Cette agression ne s’arrêtera pas à des groupes comme les Étudiants pour la Justice en Palestine. Le refus d’entendre les cris du peuple palestinien, surtout de ces un million et demi de Palestiniens – 60 % étant des enfants – qui se trouvent piégés par l’armée israélienne dans Gaza, ce refus s’intègre dans une campagne plus vaste d’agents de la droite, tels Lynne Cheney et des milliardaires comme les frères Koch, pour faire disparaître tous les programmes et disciplines universitaires qui donnent la parole aux marginalisés, spécialement à ceux qui ne sont ni privilégiés ni blancs. Les Latinos, les Afro-américains, les féministes, ceux qui étudient sur l’homosexualité et le sexisme sont soumis aussi à cette pression. En application d’une loi signée par la gouverneure républicaine Jan Brewer, les livres des grands auteurs chicanos ont été interdits dans les écoles publiques à Tucson et ailleurs en Arizona, au motif que de telles études ethniques encourageaient « un ressentiment envers une race ou un peuple ». C’est le même langage que celui utilisé par l’ambassadeur Oren pour justifier son appel à des poursuites pénales contre les militants BDS – ceux qu’ils prétendent être des « fanatiques ». Le néo-conservatisme qui enserre Israël a sa contrepartie toxique au sein de la culture américaine. Et si d’autres groupes marginalisés dans les universités gardent le silence pendant que les militants de la solidarité avec la Palestine sont persécutés sur les campus, ils trouveront moins d’alliés lorsque ces forces de droite s’occuperont d’eux. Et elles vont s’en occuper.

Celles et ceux d’entre nous qui dénonçons la souffrance provoquée par Israël et ses crimes de guerre contre les Palestiniens, et qui soutenons le mouvement BDS, sommes accoutumés à ces campagnes diffamatoires scabreuses israélienne. J’ai été à plusieurs reprises qualifié d’antisémite par le lobby israélien, notamment pour mon livre “La guerre est une force qui nous donne un sens”. Certaines de ces voix dissidentes, comme celle de Max Blumenthal qui a écrit “Goliath : peur et répugnance dans le grand Israël”, l’un des meilleurs témoignages sur l’Israël contemporain, sont des voix juives que ne semblent pas perturber les propagandistes israéliens de droite qui voient dans toute divergence avec la ligne gouvernementale israélienne une forme d’hérésie religieuse.

« Je suis en tournée pour discuter de mon livre, “Goliath”, depuis octobre 2013 » m’a dit Blumenthal, avec qui je me suis entretenu au téléphone. « Et à plusieurs occasions, des groupes lobbyistes et des activistes favorables à Israël ont tenté de faire pression sur les organisations pour qu’elles annulent mes rencontres avant qu’elles n’aient lieu. J’ai été diffamé, traité d’antisémite, par des étudiants adolescents pro-Israël, par d’éminents chroniqueurs de magazine, et même par Alan Dershowitz, et ma famille a été prise à partie dans la presse de droite simplement parce qu’elle avait organisé une fête du livre pour moi. Tout le mal absurde que se donnent les activistes pro-Israël pour empêcher mon journalisme et mes analyses de toucher un large public illustre parfaitement leur épuisement et leur pauvreté morale. Tout ce qu’ils y ont laissé, c’est beaucoup d’argent pour acheter des politiciens, et une volonté sans limite pour défendre le seul État d’apartheid nucléarisé au Moyen-Orient. Comme de jeunes Arabes et musulmans affirment leur présence sur les campus dans tout le pays et que les Américains juifs sont écoeurés de l’Israël de Netanyahu, nous pouvons voir que les forces pro-Israël mènent une lutte de repli. La question n’est pas de savoir si elles la gagneront ou la perdront, mais combien de dommages elles peuvent faire encore à la liberté d’expression avant qu’on les amène à rendre des comptes devant la justice. »

« Ce serait réconfortant si des intellectuels libéraux de premier plan approuvaient toutes mes conclusions, ou approuvaient la légitimité de BDS, » a poursuivi Blumenthal. « Mais la seule attente raisonnable que nous pouvons avoir venant d’eux, c’est qu’ils élèvent la voix pour défendre celles et ceux dont les droits à la liberté de s’exprimer et de s’organiser sont étouffés par des forces puissantes. Malheureusement, quand ces forces se déploient pour la défense d’Israël, beaucoup d’intellectuels libéraux gardent le silence ou, comme dans le cas de Michael Kazin, Eric Alterman, Cary Nelsont et de la fine fleur des présidents d’université, ils collaborent activement avec d’autres élites déterminées à étouffer le militantisme de solidarité avec la Palestine par tous les moyens antidémocratiques. »

Les chapitres Hillel, tristement, fonctionnent souvent comme de simples avant-postes du gouvernement israélien et de l’AIPAC. Cela est vrai à Northeastern aussi bien que dans des facultés comme la faculté Barnard et celle de Columbia. Et les présidents d’université comme Debora Spar, de Barnard, ne voient aucun mal à accepter des séjours en Israël, pendant que les étudiants palestiniens doivent risquer l’emprisonnement, et même la mort, pour venir étudier aux États-Unis. Le lancement de campagnes de diffamation sur tous les campus par des maisons soi-disant religieuses est un sacrilège pour la religion juive. Dans un séminaire, j’ai suffisamment lu les grands prophètes israélites, dont la première préoccupation allait vers l’opprimé et le pauvre, pour savoir qu’on ne les trouverait pas aujourd’hui dans les centres Hillel, mais plutôt à manifester avec les militants du SJP.

Les centres de campus Hillel, avec des budgets somptueux et des immeubles rutilants, sur des campus souvent situés dans des zones de délabrement urbain, proposent des évènements, conférences et programmes pour promouvoir la politique officielle israélienne. Ils organisent des voyages gratuits en Israël pour les étudiants juifs dans le cadre du programme « Taglit Birthright », ils fonctionnent comme une agence de voyages du gouvernement israélien. Pendant que les étudiants juifs, souvent sans liens familiaux avec Israël, sont escortés dans ces séjours de propagande bien orchestrée en Israël, des centaines de milliers de Palestiniens qui restent confinés dans des camps de réfugiés sordides ne peuvent rentrer dans leur foyer, alors que leurs familles y ont vécu pendant des siècles, sur ce qui est maintenant une terre israélienne.

Pendant des décennies, Israël a pu encadrer le débat sur les Palestiniens. Mais son contrôle sur le récit touche à sa fin. Israël perd du terrain, il va s’en prendre méchamment et sans raison à tous les diseurs de vérité, même si ce sont des étudiants américains, et même et surtout s’ils sont juifs. Ce jour viendra, et il viendra plus tôt que ne le croient Israël et ses laquais vendus, quand tout l’édifice s’écroulera, quand même les étudiants de Hillel n’auront plus envie de défendre la dépossession continuelle et les assassinats aveugles des Palestiniens. Israël, en faisant taire impitoyablement les autres, risque maintenant lui-même de se taire.


Chris Hedges


Article original en anglais : Israel’s War on American Universities, le 16 mars 2014


Christopher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johnsbury, au Vermont) est un journaliste et auteur américain. Ancien correspondant de guerre, il est reconnu pour son analyse de la politique américaine ainsi que de celle du Moyen-Orient. Il a publié plusieurs livres, dont le plus connu est War Is a Force That Gives Us Meaning (2002).